2026-09-03 02:45:15 - À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon fait déjà face à un défi de taille. Le candidat de La France insoumise (LFI) n’aurait, à ce stade, recueilli qu’un peu plus de 200 promesses de parrainages d’élus, très loin des 500 signatures nécessaires pour pouvoir officiellement se présenter. Une situation qui inquiète en interne, alors que la date limite pour recueillir les parrainages est fixée au 12 mars 2027.
LFI encore loin des 500 signatures
Selon des sources concordantes au sein du mouvement insoumis citées par franceinfo, un peu plus de 200 élus auraient pour l’instant promis d’accorder leur parrainage à Jean-Luc Mélenchon.
Le chiffre reste donc largement inférieur aux 500 présentations nécessaires. Pour autant, la situation n’est pas encore définitive : plusieurs mois restent aux équipes de LFI pour convaincre les élus habilités à parrainer un candidat.
En interne, certains responsables reconnaissent néanmoins que la course aux signatures est prise très au sérieux. "On a commencé en juin, si on attend que les parrainages arrivent tout seuls on va se faire peur", estime ainsi une source au sein de LFI.
Un député insoumis résume également la situation avec une certaine inquiétude : "C’est dur, mais on y travaille".
Une véritable opération de terrain
Pour tenter d’atteindre le seuil des 500 parrainages, LFI a commencé à organiser sa campagne de collecte dès le mois de juin. Deux coordinateurs nationaux sont chargés de superviser cette opération, avec un ou deux référents dans chaque département et une dizaine de volontaires.
La stratégie est notamment tournée vers les maires des petites communes sans étiquette politique. "Nos cibles prioritaires, ce sont les maires des petites communes, sans étiquette", explique un cadre du mouvement, qui considère ces élus comme davantage susceptibles de prendre leur décision indépendamment des consignes des grands partis.
Une stratégie qui s’explique aussi par la situation particulière de La France insoumise sur le terrain.
"Nous n’avons pas beaucoup de maires insoumis"
Même si LFI a remporté plusieurs grandes villes lors des dernières élections, le mouvement dispose encore d’un nombre limité de mairies à l’échelle nationale. Or, les maires constituent une part importante du collège des élus pouvant présenter un candidat à l’élection présidentielle.
Cette faiblesse territoriale complique donc la tâche des équipes de Jean-Luc Mélenchon. "Beaucoup de maires pensent que Jean-Luc Mélenchon n’aura pas de souci pour avoir les signatures car c’est un gros candidat", explique une source interne.
Une situation jugée paradoxale par le mouvement : la notoriété du candidat pourrait justement donner à certains élus le sentiment que son parrainage n’est pas indispensable. "C’est paradoxal, mais nous avons du mal car nous n’avons pas beaucoup de maires insoumis", poursuit cette même source.
Chez LFI, on insiste par ailleurs sur la différence entre un parrainage et un soutien politique. Un élu qui accorde sa signature à un candidat ne signifie pas nécessairement qu’il partage ses idées ou qu’il votera pour lui. "Le parrainage n’est pas un soutien politique", rappelle ainsi un responsable insoumis, qui estime que "tout sera fait pour nous empêcher d’être candidat".
Article de Elisabeth Sall
: Afrique Monde

