2026-08-31 14:09:54 - Madagascar, le géant minier QMM a annoncé vendredi 28 août suspendre l’activité de son site d’extraction d’ilménite situé près de la ville de Fort-Dauphin, dans le sud-est du pays. La route qui mène à la deuxième plus grande mine de la Grande Île (dont l’actionnaire principal est le groupe anglo-australien Rio Tinto) a été bloquée à plusieurs reprises ces trois dernières semaines par des agriculteurs dont les terres ont été inondées en raison des activités du site. Ils affirment, tout comme l’ONG Transparency International, que l’entreprise refuse de se plier à une décision de la justice malgache l’obligeant à leur verser des dommages et intérêts.
9,9 milliards d’ariary, soit près de 2 millions d’euros, c’est la somme que l’entreprise QMM a été condamnée à verser à 27 familles d’agriculteurs par le tribunal de première instance de Fort-Dauphin le 18 février dernier.
La mise en place d’un barrage de rétention d’eau pour les besoins de la mine qui exploite l'ilménite - minerai utilisé principalement dans la fabrication de peinture, de plastiques, et dans la cosmétique - a inondé leurs champs et rizières. Ces terrains sont inutilisables depuis 2007 selon le jugement, qui pointe des « incidences majeures sur la subsistance » des propriétaires. Ainsi que l’absence de consultation locale lors de la construction de cette infrastructure.
La justice a ordonné au géant minier de verser immédiatement la moitié des dommages et intérêts. Saisie par QMM pour contester cette condamnation, la Cour suprême a rejeté son recours le 4 août dernier selon Transparency International Initiative Madagascar, très au fait du dossier.
Et l’ONG anti-corruption de questionner : « Une entreprise multinationale peut-elle impunément ignorer une décision de la Cour Suprême malgache pendant que des familles ont faim ? »
Les activités minières « ne reprendront que lorsque la sécurité des personnes et la libre circulation vers et depuis le site seront durablement garantis » fait savoir QMM, en affirmant rester « engagé dans le dialogue avec toutes les parties concernées ».
En 2022 déjà, l’activité avait été suspendue en raison de blocages routiers menés par des riverains accusant l’entreprise d’avoir causé des pollutions dans un estuaire proche.
Sollicitée par RFI, l'entreprise QMM n'a pas donné suite.
Guilhem Fabry correspondant à Antananarivo, RFI / Photo: RFI / Sarah Tétaud
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