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Au Niger, des affrontements en cours entre des mutins et la garde présidentielle

2026-08-29 13:39:08 - Le régime nigérien menacé. Le signal de la télévision publique a été coupé pendant un peu plus d’une heure samedi matin, avant de revenir vers 10 heures, tandis que des affrontements étaient en cours au palais présidentiel de Niamey entre des mutins issus des forces armées et la garde présidentielle du général Abdourahamane Tiani. Ce dernier est arrivé au pouvoir en juillet 2023 après un putsch qui a eu pour conséquence de voir le pays tourner le dos à la France pour se rapprocher de la Russie. 

La garde présidentielle demeure «loyale»
 
«Il y a eu une tentative de pénétrer dans le palais présidentiel par des insurgés issus des forces armées nigériennes. Ils ont été repoussés par la garde présidentielle. Les échanges de tirs se poursuivent au palais», a annoncé à l’AFP une source sécuritaire basée en Afrique de l’ouest. «Il est clair que pour le moment la garde est restée loyale» au général Tiani, a confirmé un diplomate africain à Niamey. «La situation est totalement sous contrôle de la Garde présidentielle», a de son côté affirmé sur Facebook le député nigérien du parlement de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), Ibrahim Bana.
 
Samedi matin, les accès à la présidence et à la télévision nationale étaient bloqués par des militaires qui forçaient les automobilistes à faire demi-tour, ont également précisé des résidents de Niamey. Les abords du grand marché, habituellement animés, étaient particulièrement calmes.
 
«Face aux évènements en cours, gardons notre calme et évitons de relayer des informations non vérifiées», a affirmé samedi matin le régime militaire sur ses pages officielles sur les réseaux sociaux. «Nos forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour la défense de la patrie», a-t-il ajouté, alors que c’est la troisième fois cette année que la capitale connaît des échanges de tirs.
 
Des tirs à proximité de l’aéroport, site ultrasensible
 
Selon des riverains, des «tirs nourris et des détonations au niveau de la base» militaire, attenante à l’aéroport, ont débuté dans la nuit, vers 1 heure du matin. Un habitant de la zone, joint au téléphone par l’AFP, affirme avoir été témoin de «rafales de tirs» samedi matin, après 7 heures. «J’ai vu un véhicule militaire qui se dirigeait vers la base et qui a dû faire demi-tour. Les armes qu’on entend, ce ne sont pas des armes que des terroristes à moto peuvent transporter. Les combats continuent sans arrêt depuis la nuit.» «On a eu trop peur, ça tirait trop, je me suis cachée sous le lit tellement j’ai eu peur», raconte une habitante de la Poudrière un quartier situé à quelques kilomètres de l’aéroport.
 
Avant cet affrontement, l’aéroport de Niamey avait été ciblé deux fois cette année par des jihadistes, d’abord par l’Etat islamique en janvier, puis fin juin par leurs rivaux du Jnim, la branche sahélienne d’Al-Qaida, occasionnant la mort de onze soldats et deux civils. Lors de la première occurrence, le général Abdourahamane Tiani avait évoqué «une faille dans le dispositif» sécuritaire qui avait «permis l’attaque», dont «l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes» de l’armée. A cet aéroport se trouve également une base qui abrite notamment le quartier général des partenaires russes du régime et l’état-major de la force unifiée entre Niamey, le Burkina Faso et le Mali, deux régimes qui se sont rapprochés de la Russie.
 
Article de Libération ., AFP .- Photo:Bertrand Guay

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