2026-08-29 06:26:24 - La situation reste explosive dans l'enclave espagnole de Ceuta, où 72 000 migrants sont entrés massivement il y a près d'un mois. Si la plupart sont repartis, il en resterait environ 7 000 et leur présence crée des tensions. Jeudi soir, des habitants de Ceuta ont manifesté pour dénoncer des problèmes de sécurité et d'hygiène, jusqu'à provoquer des affrontements avec la police.
Les images de violences ont été diffusées par les médias locaux. Des manifestants brandissant un immense drapeau espagnol, défilant dans les rues de Ceuta, incendiant un campement de migrants sur la plage sur leur passage. D'autres, bloquant une rue pour empêcher le passage d'un camion de la Croix-Rouge de distribution de repas aux migrants. La police a dû intervenir et des affrontements ont éclaté avec les manifestants, mais aussi des migrants.
Cela fait un moment que la tension monte dans l'enclave espagnole. Les habitants de la ville de Ceuta dénoncent des problèmes de sécurité et d'hygiène et réclament l'expulsion des migrants. Ils seraient encore environ 7 000 sur place. Si certains, notamment les mineurs, ont été logés dans des centres d'hébergement, encore beaucoup restent à la rue, ou dorment sur la plage, dans des conditions d'hygiène très précaires, avec un accès très difficile à de l'eau et de la nourriture.
La situation semble bloquée. Les autorités de Ceuta n'ont que très peu d'hébergements disponibles, il s'agit d'un tout petit territoire. Le gouvernement à Madrid a annoncé une série de mesures pour tenter de régler la situation, avec des moyens pour ouvrir des lieux d'accueil, l'expulsion des migrants qui peuvent l'être et le rapatriement des mineurs vers le continent.
La droite et l'extrême droite au soutien des manifestants
Mais rien ne semble bouger. Ce vendredi matin, le ministre de l'Intérieur a dû s'expliquer devant une commission parlementaire. Et il a été interpellé par cette députée d'opposition, Ana Vasquez, du Parti populaire (droite) : « On a volé aux habitants de Ceuta leurs droits et leurs libertés. Aucun d'entre eux ne peut vivre normalement aujourd'hui. Depuis 29 jours, ils ont été abandonnés par le gouvernement espagnol. Le gouvernement n'a pas répondu de manière adéquate. Il est dépassé, en perte de contrôle, et profondément divisé. Il y a eu un manque d'anticipation, de coordination. Sa réponse a été honteuse. »
L'extrême droite aussi est montée au créneau. Le parti Vox, très virulent, réclame l'expulsion pure et simple de tous les migrants, la militarisation de la frontière et la suspension de l'accord entre l'Union européenne et le Maroc.
Un enjeu politique à quelques mois des élections législatives
Le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska a répondu à ces attaques : « La droite parle d'envahisseurs, appelle à chasser les immigrants et propose d'expulser des personnes hospitalisées. Tout cela est totalement incompatible avec les principes démocratiques et le respect de la dignité humaine. Nous parlons de personnes : d'hommes, de femmes, mais aussi d'enfants, d'adolescents et d'adolescentes en détresse, qui doivent être traités avec humanité, respect et toute la protection prévue par la loi. »
De leur côté, certaines ONG sur le terrain réclament une accélération des démarches pour identifier, enregistrer les migrants, et prendre en compte les demandes d'asile. Elles dénoncent aussi la lenteur des autorités. En attendant, la situation humanitaire se dégrade et ce sujet extrêmement sensible de l'immigration est exploité par la classe politique espagnole à quelques mois des élections législatives dans le pays.
RFI / Photo: ANTONIO SEMPERE / AFP
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