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Gabon: Le Gabon réussit sa levée de fonds à l'international, mais peine sur le marché régional

2026-08-04 13:02:21 - Le Gabon vient de mener à bien deux levées de capitaux dans un contexte de tensions budgétaires. L'une, faite sur les marchés internationaux, a été une réussite avec 920 millions de dollars mobilisés au total, à des taux d'emprunts certes encore élevés. Une autre a eu lieu sur le marché régional mais n'a permis de lever que moins de 90 000 dollars. Comment expliquer ce phénomène qui peut sembler paradoxal ? 

Avec un objectif initial fixé à 750 millions de dollars, le Gabon a dépassé ses objectifs, traduction de « la confiance renouvelée des investisseurs » dans le pays, selon les autorités gabonaises. Mais l'analyste Cédrick Jiongo, spécialiste du Gabon, en fait lui une lecture plus conjoncturelle.
 
« Il y a un contexte qui est très favorable actuellement et une fenêtre d'opportunité sur les marchés qui s'est présentée depuis le début de l'année avec les tensions géopolitiques à travers le monde et les inquiétudes persistantes sur l'indépendance de la Réserve fédérale américaine. Cela fait que les investisseurs ont fait le choix d'investir et d'orienter une partie de leur placement sur les [fonds] souverains africains. Ce qui fait que depuis le début de l'année, vous avez beaucoup de pays comme le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Congo, la RDC, le Kenya qui ont réalisé des sorties réussies sur le marché obligataire. Le Gabon a donc lui aussi profité de cette fenêtre-là », analyse-t-il.
 
Moins de succès sur le marché régional
 
Sur le marché régional en revanche, le succès n'a pas été au rendez-vous. Sur les six types de titres et obligations proposés par le Gabon, un seul a trouvé des investisseurs. Cédrick Jiongo n'y voit pas de lien avec la situation économique de Libreville mais plutôt un contexte défavorable dans la zone Cemac.
 
« Le marché régional et plus particulièrement le marché des titres publics, qui est géré par la Banque centrale, est un marché qui a aujourd'hui atteint un certain niveau de saturation. Il a diminué d'un coup. Plus de 70 % est détenu par les banques. Ce qui fait que les banques locales et leur capacité d'intervention sur les nouveaux emprunts sont aujourd'hui très limitées », continue-t-il.
 
Les partenaires financiers attendent désormais les résultats de l'audit général de la dette. Une mission du FMI est prévue en septembre prochain dans l'optique d'avancer sur un futur programme.

RFI - Photo: AFP

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