Nombre total de visites : 5407417
Aujourd'hui : 49
En ligne actuellement : 2

Double séisme au Venezuela : un nouveau bilan fait état de 2 645 morts

2026-07-04 21:38:35 - Les deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont dévasté la capitale Caracas le 24 juin dernier ont fait plus de 2 600 morts et plus de 12 000 blessés, d’après un nouveau bilan des autorités, alors que la population s’agace de la lenteur des opérations de recherche.

Le bilan du double séisme du 24 juin au Venezuela a été révisé à la hausse et s’élève désormais à 2 645 morts, selon un bilan donné vendredi 3 juillet 2026 par le ministère vénézuélien de ‌l’Information.

« Bilan officiel du 3 juillet : 2 645 morts, 12 666 blessés », selon le communiqué, alors que la veille la présidente par intérim Delcy Rodriguez avait fait état de 2 595 décès.

Les Nations unies estiment que le nombre de décès pourrait s’élever à 50 000 et les réseaux sociaux restent inondés de photos de personnes manquant à l’appel.

Les sinistrés se comptent par millions, beaucoup vivant dans la rue ou des refuges improvisés. Les tremblements de terre ont fait environ 15000 sans abri.

Alors que l’espoir de retrouver de nouveaux survivants des séismes au Venezuela est infime, les familles en colère réclament vendredi de l’aide pour extraire des décombres les dépouilles de leurs proches, et plus de transparence sur le bilan.

« Que les machines n’arrivent pas pour les emporter comme des déchets, c’est ça mon objectif », témoigne José Francisco Liendo, à Caraballeda, dans la station balnéaire de La Guaira, proche de Caracas.

Le chauffeur de poids lourds âgé de 50 ans se tient devant les gravats d’un immeuble qui recouvrent, pense-t-il, les corps de son père et de sa sœur.

Comme lui, des milliers de familles espèrent retrouver leurs proches, emportés par les séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont dévasté ce secteur et touché la capitale Caracas le 24 juin.

Des secouristes vénézuéliens et étrangers s’affairent encore dans les décombres, neuf jours après les séismes, mais l’intensité des recherches diminue.

On estime généralement que les chances de survie sont pratiquement nulles au-delà de 72 heures. Pourtant, de nombreux proches s’accrochent encore à l’espoir, pensant percevoir des signes de vie.

Chercher « nous-mêmes »

Face au même immeuble de Carabelleda, des passants prétendent avoir entendu les cris d’un adulte et d’autres parlent aussi d’un enfant de neuf ans encore en vie. Mais des secouristes étrangers ont affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il n’y avait plus de survivant à cet endroit.

À La Guaira comme dans la capitale Caracas, les critiques fusent contre la réaction du gouvernement, depuis les premières heures, lorsque le temps pressait pour retrouver les survivants, jusqu’à ce vendredi, quand familles et secouristes déplorent de ne pas avoir suffisamment de moyens pour extraire les dépouilles.

« Personne ne veut sortir les morts, nous devons chercher les corps nous-mêmes », lance Dalimer Diaz, 43 ans, qui cherche sa mère, son frère, sa sœur, sa belle-sœur et sa nièce.

« Nous avons déjà retrouvé mon père mais il manque les autres », poursuit-il en se séchant les larmes avec son masque blanc, sali par la poussière. « Je ne bougerai pas d’ici, pour qu’eux sachent que je les ai cherchés jusqu’au dernier moment. »

Montrant un tractopelle stationné devant les immeubles en ruines, Victor Dorta, membre de la protection civile de 39 ans, déplore qu’« il n’y a pas d’engins pour couper le béton, on a juste ça ». Pour lui, « le gouvernement ne fait que ralentir les choses au lieu d’aider ». « C’est cela la réalité, il n’y a pas moyen de sortir les corps. »

Morgue improvisée

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a assuré jeudi soir que les recherches de survivants se poursuivaient, en promettant aussi que tous les morts seraient identifiés.

L’ampleur des dégâts a plongé dans le chaos une partie du pays, déjà plombé depuis des années par une profonde crise économique. Près de 200 bâtiments se sont complètement effondrés, selon les données officielles.

Une morgue improvisée est installée en plein air dans le port de La Guaira, où les proches attendent de longues heures.

Elle a accueilli 2 100 dépouilles, dont 1 700 ont été remises à leurs familles, a indiqué le gouverneur de La Guaira, José Alejandro Teran, à l’AFP.

Les hôpitaux de l’État ont reçu plus de 10 000 blessés, et 1 700 autres ont été soignés dans des hôpitaux de campagne, selon lui.

Un complexe sportif, le Domo José Maria Vargas, a été converti en centre d’aide où l’on distribue entre 40 et 50 tonnes d’aliments par jour.

« Indigne »

Arrivée au pouvoir après la capture, par les États-Unis, du président Nicolas Maduro dont elle était la vice-présidente, Delcy Rodriguez est soutenue par le président Donald Trump.

Les États-Unis coordonnent désormais les efforts internationaux au Venezuela et ont pris leurs distances avec la cheffe de l’opposition en exil, María Corina Machado.

La catastrophe a démontré, selon elle, que le Venezuela « souffre d’une absence absolue, totale, de capacités de gestion », a-t-elle déclaré par visioconférence à plusieurs journalistes.

À Caraballeda, José Vieira, 40 ans, observe les recherches. Trois membres de sa famille sont sous les décombres. « Ce gouvernement n’a rien fait pour aider à sortir de cette tragédie », dit-il, très affecté. « C’est indigne, inhumain. »

 

Ouest-France/Photo:MARTIN BERNETTI / AFP

 
 

: Afrique Monde: