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France : Bally Bagayoko considère que « siffler la Marseillaise » dans les stades est « un droit légitime », la droite et l’extrême droite s’étranglent

2026-06-17 23:00:48 - Il fallait s’y attendre. La sortie du maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko, qui a estimé que «siffler la Marseillaise» dans les stades de football pouvait être un «droit légitime», a provoqué des indignations dans la classe politique, notamment à droite et à l’extrême droite. «Siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire. Parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d’ici mais aussi de là-bas», a estimé Bally Bagayoko mardi 16 juin dans le journal l’Opinion. 

C’est dans sa ville, au Stade de France, que la Marseillaise avait été copieusement sifflée pendant un match de foot entre la France et l’Algérie en 2001. Et lors de la finale de la Coupe de France entre Lorient et Bastia en 2002, durant laquelle les sifflets des Corses avaient provoqué le départ temporaire de la tribune présidentielle du chef de l’Etat d’alors, Jacques Chirac. Sous le second mandat de ce dernier, une loi toujours en vigueur avait été adoptée en 2003 afin de prévoir que le fait «d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore [soit] puni de 7 500 euros d’amende».
 
«Carton rouge»
 
Alors qu’il avait déjà fait parlé de lui en retournant le portrait officiel du président de la République Emmanuel Macron dans son bureau, Bally Bagayoko s’est encore attiré les foudres de ses adversaires politiques. A commencer par l’extrême droite, désormais habituée aux attaques contre le maire insoumis : «Le peuple français, lui, aime et chante son hymne : il ne le siffle pas. A quels peuples exactement le maire LFI de Saint-Denis s’adresse-t-il par cynisme électoral ? Qui, en France, nourrit une telle haine à l’égard de nos symboles nationaux ?», a réagi mercredi le président du Rassemblement national Jordan Bardella.
 
Même indignation chez les Républicains, où le secrétaire général du parti Othman Nasrou a déclaré : «Après les appels à l’insurrection, la haine de la police et l’antisémitisme, LFI franchit une nouvelle étape : la haine de la France est désormais pleinement assumée». De son côté, la présidente (LR) de la région Ile-de-France a elle aussi dénoncé la sortie du maire francilien en estimant : «Légitimer les sifflets de l’hymne national, décrocher le portrait du président de la République, prophétiser “l’insurrection”… D’un côté ceux qui aiment la France, de l’autre ceux qui la sifflent. Voilà le vrai visage de LFI au pouvoir !»
 
Côté macroniste, la ministre (Horizons) des Outre-mer, Naïma Moutchou, s’est adressée directement à l’élu dyonisien en lui écrivant sur X : «Monsieur Bagayoko, la France a fait de vous un maire de la République. Mais vous expliquez à nos enfants qu’ils peuvent siffler la Marseillaise. Nous sommes nombreux, heureusement, à préférer leur apprendre à être fiers de leur pays.» Interrogé sur LCI, l’eurodéputé socialiste François Kalfon a, lui, regretté d’entendre «le choix de la provocation permanente». Et ajouté : «J’adresse à monsieur Bagayoko un carton rouge».
 
Article de Libération ., AFP / Photo: Bastien Ohier
 
 
 

: Afrique Monde