2026-06-16 12:49:36 - La tuberculose continue de progresser à Madagascar, malgré l’avancée des traitements. Depuis 2022, le nombre de malades est reparti à la hausse, alors même que les financements pour lutter contre la maladie se raréfient. Une équipe de chercheurs de l’ONG Solthis a mené une vaste étude pour identifier les failles du système de prise en charge et proposer des solutions adaptées au contexte malgache. Depuis une semaine, médecins, infirmiers et agents communautaires sont formés à de nouveaux outils de dépistage et de prise en charge.
« Vous voyez cet appareil, là ? Il va vous faciliter la vie pour prendre en charge vos patients, que vous soyez en brousse ou dans un centre de santé. » Face à une trentaine de soignants, le Docteur Niaina Rakotosamimanana, le formateur, présente une petite machine de diagnostic.
En seulement 20 minutes, l’appareil est capable de dépister un patient infecté par la tuberculose, sans avoir à envoyer d’échantillon dans un laboratoire. « Je la tiens dans la paume de la main », montre-t-il. « On peut la recharger avec un chargeur de téléphone portable. Pas besoin d’électricité en permanence. Vous glissez le prélèvement de salive ici, et vous attendez le résultat. »
Avec ses équipes, le microbiologiste a parcouru Madagascar pour identifier les failles du parcours de soins, notamment dans les régions les plus enclavées.
« 30 % des patients atteints de tuberculose n'ont pas accès aux soins »
« Les statistiques montrent qu'à Madagascar, 30 % des patients atteints de tuberculose n'ont pas accès aux soins. Notre objectif est donc de proposer des outils moins coûteux, adaptés aux régions isolées, sans électricité et aux moyens limités. Des outils simples à utiliser pour retrouver ces patients-là », résume-t-il.
Renforcer le dépistage, donc, pour tenter de freiner une maladie qui reste mortelle dans 3 à 4 % des cas et qui peut laisser de lourdes séquelles, lorsqu’elle est diagnostiquée trop tard.
Michel Harison Tiaray, qui coordonne le programme national de lutte contre la tuberculose, affirme : « Toutes les solutions présentées dans cette formation vont nous permettre de retrouver les cas qui circulent encore, de couper la chaîne de transmission et de faire enfin baisser l’incidence de la tuberculose à Madagascar. »
Plus de 50 000 nouveaux cas sont détectés chaque année dans le pays. Pourtant, depuis une décennie, l’impact de la maladie sur la société et son économie est resté largement sous-estimé par les régimes successifs. Le Fonds mondial, dernier grand bailleur engagé à Madagascar dans la lutte contre la tuberculose, vient d’annoncer cette semaine une enveloppe de 21 millions de dollars pour la période 2027-2029. Un montant qui ne couvre que la moitié des besoins estimés. L’organisation appelle désormais l’État malgache à accroître sa contribution financière.
Sarah Tétaud correspondante à Antananarivo,RFI
: Afrique Monde

