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Un Nigérian sans papiers gagne 500 000 euros à la loterie italienne mais ne peut pas récupérer ses gains

2026-06-14 15:07:34 - La joie d’avoir décroché le gros lot a rapidement laissé place à l’incompréhension. Imagbe Ehizomwengie, un Nigérian de 36 ans arrivé clandestinement en Italie il y a une dizaine d’années a remporté la jolie somme de 500 000 euros grâce à un ticket à gratter. Mais faute de titre de séjour, il n’a pas pu récupérer son argent immédiatement. 

Après des mois de démarche, la justice italienne lui a finalement accordé un permis de résidence. « Je prie pour ce moment depuis mon arrivée en Italie, a déclaré le trentenaire au Guardian. On pourrait penser que c’est incroyable, mais recevoir le permis signifie plus pour moi que de gagner l’argent. Je veux travailler et faire ma part pour la société. »
 
Passé par la Libye, le Nigérian explique y avoir été détenu deux ans avant le paiement d’une rançon. Lorsqu’il est arrivé sur le territoire italien, le trentenaire a fait une demande d’asile, mais celle-ci a été rejetée. Privé du droit de travailler, il a survécu en vendant des objets dans la rue, comme des mouchoirs, et en mendiant.
 
Une partie des gains transférée à un cousin
 
Finalement, la chance sourit à Imagbe Ehizomwengie quand il achète un ticket de loterie « Gratta e Vinci » à 5 euros avec les quelques économies dont il dispose. Il remporte alors le jackpot de 500 000 euros.
 
Ne disposant pas de titre de séjour, il ne peut cependant pas ouvrir de compte bancaire. Et sans cet argent, il ne peut pas non plus démontrer d’une autonomie financière susceptible d’appuyer sa nouvelle demande d’asile.
 
Une partie des gains est finalement transférée sur le compte bancaire de son cousin. Grâce aux fonds, il a pu racheter un magasin spécialisé dans les produits alimentaires africains à Falconara Marittima, dans l’est de l’Italie.
 
Dans le même temps, son avocat a entamé des démarches auprès du tribunal d’Ancône pour l’obtention de son permis de séjour. Ce qu’il a fini par obtenir, le juge reconnaissant sa maîtrise de la langue italienne, son activité professionnelle dans le commerce et sa situation financière désormais stabilisée.
 
« Il n’a pas obtenu ce permis parce qu’il a gagné de l’argent, mais parce qu’il a démontré qu’il remplissait les critères », a insisté son avocat, Andrea Palazzeschi.
 
Article de J.B. - Le Parisien/Photo: (Illustration) LP/Julien Barbare

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