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Recensement au Cameroun : un responsable d’ONG dénonce « une cacophonie générale »

2026-06-05 00:52:56 - La quatrième opération de recensement de l’histoire du Cameroun, censée s’achever le 29 mai dernier, a été prolongée de deux mois, après un décret un signé par le chef du gouvernement Joseph Dion Ngute. Philippe Nanga, figure de la société civile et coordonnateur de l'ONG Un Monde Avenir, dénonce « une cacophonie générale pour un processus qui est capital », soulignant entre autres que « des agents à Douala ont fait grève parce qu'ils n'avaient pas reçu d'argent après dix jours de travail ». 

Au Cameroun, le Premier ministre a prorogé par décret, le 1er juin 2026, de deux mois les opérations de collecte de données du recensement général. Ce quatrième recensement depuis l'indépendance du pays en 1960, après ceux de 1976, 1987 et 2005, ne concerne pas uniquement la population, mais aussi l'habitat, l'agriculture et l'élevage.
 
Lancé sans réelle campagne de communication d'envergure en amont des opérations, il était initialement prévu du 24 avril au 29 mai 2026. Il a été marqué par une grève des agents recenseurs qui dénonçaient des retards dans le déploiement du matériel et des retards de paiements.
 
Ce recensement doit donc à présent s'étaler jusqu'au 31 juillet, passant ainsi d'une opération d'une quarantaine de jours à une opération d'une centaine de jours.
 
« Quand on n'a pas la maîtrise des chiffres, on va droit dans le mur »
 
Le signe d'un manque de coordination et de préparation évident et inquiétant pour un enjeu aussi crucial pour définir des politiques publiques, estime Philippe Nanga, figure de la société civile camerounaise et coordonnateur de l'ONG Un Monde Avenir.
 
« Moi, je n'appelle pas ça une prolongation parce qu’une prolongation, ça veut dire qu’on vous ajoute quelques jours. Or, ici, on n'est pas en train d'ajouter quelques jours. On est en train de pratiquement doubler le temps alloué à l'opération de départ, lance-t-il au micro d’Amélie Tulet. Sur le terrain, on a des superviseurs qui m'avouent n'avoir pas reçu de fonds jusqu'ici, des agents à Douala qui ont fait grève parce qu'ils n'avaient pas reçu d'argent, après dix jours de travail. D'autres informations font état du fait que les responsables administratifs au niveau local n'auraient pas été impliqués au départ ».
 
Il conclut : « Bref, c'est une cacophonie générale pour un processus qui est capital et touche à la fois les questions politiques, économiques et même sociales. Je l'ai toujours décrié pour les questions électorales. Quand on n'a pas la maîtrise des chiffres, on va dans le mur. On n'est pas capable de contrôler, de suivre, d’effectuer des prévisions, et donc d'anticiper. »
 
RFI - Photo :AFP
 
 
 

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