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Vente de Bolloré Logistics en Afrique : cinq banques visées par une procédure judiciaire

2026-06-03 01:47:19 - Nouveau volet dans les procédures judiciaires lancées en 2025 par le collectif Restitution pour l'Afrique (RAF) contre le groupe Bolloré. RAF vient de saisir une nouvelle fois la justice française afin de contraindre cinq banques – Morgan Stanley, Hottinguer, HSBC, Société Générale et Crédit Mutuel – à ouvrir leurs archives et à faire la lumière sur la vente de Bolloré Africa Logistics, entreprise ayant appartenu au milliardaire français Vincent Bolloré.

La vente du groupe Bolloré Africa Logistics à l'armateur MSC en 2022 s'est faite pour 5,7 milliards d'euros. Le collectif Restitution pour l'Afrique (RAF) a déjà engagé une première procédure judiciaire en mars 2025 contre Vincent Bolloré et contre son groupe. Les plaignants estiment que le groupe Bolloré a réalisé d'énormes bénéfices après avoir acquis des biens grâce à des faits de « blanchiment » et de « recel ». Ce que Jean-Jacques Lumumba, le président du RAF, qualifie de « biens mal acquis inversés ».

C'est donc un nouvel angle d'attaque pour le collectif panafricain. « Ce qu'il faut comprendre, en réalité, sur les banques, c'est que ce ne sont pas des simples spectateurs passifs de la vie économique de leurs clients », explique Me Vincent Bavay, l'un des avocats du collectif RAF. Un groupe de l'envergure de Bolloré a des banquiers, il a des conseillers financiers, il a des établissements qui connaissent ses activités, qui le financent et qui accompagnent ces cessions », poursuit-il.

Comment l'argent a circulé ? 

Cette nouvelle procédure, un référé auprès du Tribunal judiciaire de Paris, vise à répondre à différentes questions, détaille l'avocat  : « Comment l'argent a circulé ? Qui l'a accompagné ? Qui l'a conseillé ?  Qui a ouvert des comptes, structuré les flux, valorisé les actifs ? En considérant évidemment qu'une multinationale de cette taille, ça ne fonctionne pas dans le vide. Et ce sont toutes ces questions qui sont posées dans le cadre de cette nouvelle action. » Pour les plaignants, ces banques d'affaires et commerciales ont des obligations strictes de vigilance renforcée. Elles auraient donc dû réévaluer leur relation avec les activités Bolloré après 2021.  En février de cette année-là, le groupe a  Econclu, avec le Parquet national financier (PNF), une convention d'intérêt public dans laquelle il reconnaît des actes de corruption pour l'obtention de concessions portuaires au Togo et en Guinée. Il accepte également de verser une amende de 12 millions d'euros. Sur ce dossier, dans le cadre d'une autre procédure, une décision judiciaire est attendue en décembre. « Continuer à financer, conseiller et structurer des opérations qui portent sur ces mêmes actifs obtenus de manière illégale et illicite, sans poser de question, c'est a minima une faute morale, insiste Me Bavay. Et peut-être – c'est ce que nous cherchons à déterminer -  une potentielle faute pénale de la part de ces établissements financiers.

« Que justice soit faite pour les milliers de victimes » 

Sur le front de ces procédures, il y a donc le collectif Restitution pour l'Afrique, constitué de onze ONG basées dans six pays du continent. À sa tête, on trouve Jean-Jacques Lumumba, qui poursuit depuis désormais plusieurs années un objectif principal : la restitution des biens mal acquis grâce aux faits de corruption. « Le leitmotiv de notre action », explique-t-il.

Il ambitionne que « toutes les personnes qui ont été lésées sur cette affaire puissent être indemnisées ». D'où cette nouvelle action, justifie-t-il : « C'est pour permettre que tous les faits soient retracés, avec les banques qui seraient impliquées dans la réalisation de ce forfait. Et que, compte tenu des faisceaux d'indices concordants de corruption, justice soit faite pour les milliers de victimes. »

Contacté par RFI, Me Olivier Baratelli, avocat du groupe Bolloré et de Vincent Bolloré, a indiqué n'avoir aucun commentaire à faire. Les premières audiences sont attendues en septembre au Tribunal judiciaire de Paris. 

 Charlotte Cosset - RFI / Photo: AFP - ERIC PIERMONT

 
 
 
 
 

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