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France : Par peur de discrimination, un quart des Français issus de l’immigration n’a pas appris la langue de ses (grands)-parents

2026-05-31 08:06:36 - Parmi les personnes n’ayant pas enseigné leur langue maternelle à leurs enfants, 30 % l’ont fait par crainte de freiner leur intégration et de les exposer aux discriminations

effacement culturel - Parmi les personnes n’ayant pas enseigné leur langue maternelle à leurs enfants, 30 % l’ont fait par crainte de freiner leur intégration et de les exposer aux discriminations
 
La perte d’un lien culturel. Un Français issu de l’immigration sur quatre n’a pas appris la langue de ses parents ou grands-parents, souvent par volonté de ses derniers de favoriser son intégration ou pour « éviter d’éventuelles discriminations ». C’est le résultat d’une étude* menée par One Poll pour Babbel dévoilée ce jeudi.
 
Un Français sur trois a grandi avec au moins un parent ou un grand-parent dont la langue maternelle n’était pas le français, montre l’étude. Un chiffre qui reflète la richesse culturelle de notre pays ? Oui, mais cela ne veut pas dire pour autant que ces derniers aient eu accès à cet héritage culturel.
 
Intégration à tout prix
 
Les raisons de cette absence de transmission sont nombreuses et varient en fonction des générations. Parmi les personnes n’ayant pas enseigné leur langue maternelle à leurs enfants, 30 % l’ont fait par crainte de freiner leur intégration et de les exposer aux discriminations. C’est particulièrement vrai chez la génération des baby-boomers. 39 % d’entre eux n’ont pas appris leur langue familiale parce que leurs parents ou grands-parents pensaient faciliter leur intégration dans la société française.
 
Si, selon l’étude, ce rejet de sa culture diminue au fil des générations, il réapparaît sous une autre forme chez les jeunes adultes. Face à la montée de l’extrême droite, 13 % des 25-34 ans reconnaissent avoir eu du mal à être fiers de leur héritage culturel « en raison de la pression sociale et des stéréotypes négatifs beaucoup trop véhiculés dans la société ».
 
Un regret pour 85 % d’entre eux
 
Cet effacement culturel et identitaire n’est pas sans conséquence. L’immense majorité (85 %) des personnes interrogées regrette de ne pas avoir appris la langue maternelle de leurs parents ou grands-parents. Parmi elles, 40 % estiment que cette langue représente une part importante de leur patrimoine culturel et qu’elle leur aurait permis de mieux comprendre leurs racines. Un quart ajoute que cet apprentissage les aurait aidés à communiquer plus facilement avec des membres de leur famille ne maîtrisant pas la langue de Molière. Mais la question n’est pas seulement identitaire. 24 % des 55-64 ans interrogés considèrent que parler plusieurs langues aurait constitué « un atout intellectuel et culturel indéniable ».
 
Face à ce triste constat, la majorité des personnes questionnées souhaitent corriger le tir pour les générations futures. A titre d’exemple, 88 % d’entre elles déclarent que, si elles fondaient une famille avec une personne parlant une autre langue que le français, elles souhaiteraient élever leurs enfants dans un environnement bilingue ou multilingue.
 
*L’étude a été menée par One Poll du 17 juillet au 6 août 2025 sur un échantillon de 1.000 personnes adultes français issues de la première ou de la deuxième génération d’immigrants (qui ne parlent pas la langue maternelle de leurs parents ou grands-parents).
 
Article de L.A. - 20 Minutes

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