2026-05-15 16:11:19 - La capitale haïtienne est en proie aux violences et affrontements entre bandes rivales depuis plusieurs jours, lesquelles ont fait plusieurs dizaines de victimes. Les services de santé craignent pour leurs patients et le gouvernement envisage de reporter les élections présidentielles.
Les affrontements violents en Haïti entre plusieurs gangs dans la banlieue de la capitale haïtienne Port-au-Prince ont fait au moins 78 morts, dont 10 civils, depuis samedi, selon un bilan provisoire communiqué jeudi 14 mai 2026 à l’Agence France Presse (AFP) par le Bureau des Nations unies en Haïti (Binuh).
« Les affrontements armés entre plusieurs gangs dans les communes de Cité Soleil et de Croix des Bouquets ont fait au moins 78 morts et 66 blessés depuis le 9 mai », a indiqué le Binuh, précisant que 10 personnes tuées étaient « des membres de la population (5 hommes, 4 femmes et une jeune fille) ».
Dans un pays terrorisé par les gangs, ces deux communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince avaient connu deux autres flambées de violence en mars et en avril, entraînant le déplacement de près de 8 000 personnes, selon l’ONU.
« Au total, entre le 5 mars et le 11 mai 2026, au moins 305 personnes ont été tuées, et 277 blessées, dans les communes de Cité Soleil et de Croix des Bouquets », a précisé le Binuh jeudi, notant que 63 des personnes tuées sont des résidents (dont 17 femmes et 13 enfants), les autres étant des membres de gangs.
La dernière escalade depuis le week-end a entraîné le déplacement de quelque 5 300 personnes fuyant les échanges de tirs.
Le bureau des opérations humanitaires de l’ONU (Ocha) a de son côté indiqué jeudi que, selon des organisations humanitaires locales, plusieurs familles demeurent coincées dans les quartiers touchés.
Reuters précise que les hôpitaux de Cité Soleil ont évacué leurs patients et l’organisation humanitaire MSF a suspendu ses activités sur place lundi, alors que les combats entre groupes armés opérant dans la région, qui ont débuté il y a deux semaines, se sont détériorés au cours du week-end.
MSF (Médecins Sans Frontières, N.D.L.R.), a déclaré que des centaines d’habitants avaient cherché refuge dans son hôpital du quartier – une partie pauvre de la capitale Port-au-Prince – où l’un de ses agents de sécurité a été touché par une balle perdue à l’intérieur de l’enceinte.
Élections incertaines
Un autre hôpital de la région, l’hôpital Fontaine, a indiqué à Reuters avoir évacué des nouveau-nés de son unité de soins intensifs. MSF a précisé avoir pris en charge certains patients transférés de Fontaine, notamment des femmes enceintes ayant accouché pendant la nuit.
« Actuellement, aucun hôpital n’est ouvert dans la zone où se déroulent les combats », a-t-il été indiqué dans un communiqué, ajoutant que, bien que les besoins médicaux locaux augmentent de façon exponentielle, il ne pouvait pas protéger son personnel ni ses patients au milieu des tirs.
Avant d’évacuer, Médecins sans frontières avait fait état auprès de l’AFP de 40 blessés par balles pris en charge par l’hôpital en moins de douze heures.
MSF a déclaré avoir accueilli plus de 800 personnes ayant cherché refuge, mais face à l’aggravation de la situation, elle a décidé de suspendre les activités de l’hôpital jusqu’à nouvel ordre. « Les tirs n’ont pas cessé » depuis dimanche matin, souligne une source auprès de Reuters.
Trois jours plus tôt, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait indiqué dans une interview que la sécurité en Haïti n’est pas au niveau nécessaire pour tenir des élections en août prochain, alors que le pays le plus peuplé des Caraïbes attend son premier vote présidentiel depuis dix ans.
Les élections en Haïti ont été reportées à plusieurs reprises par différents gouvernements.
Pays le plus pauvre des Caraïbes, Haïti est ravagé par la violence des gangs qui multiplient attaques sanglantes, enlèvements et viols. Et la situation n’a cessé de se détériorer ces deux dernières années.
Une nouvelle force multinationale de lutte contre les gangs est en cours de déploiement pour remplacer la Mission multinationale de soutien à la police haïtienne (MMAS), sous-équipée et sous-financée.
Mais à ce stade, seul un contingent de 400 soldats tchadiens est arrivé à Port-au-Prince. La nouvelle force a d’autre part annoncé jeudi l’arrivée de son commandant, le général mongol Erdenebat Batsuuri.
Avant d’évacuer, Médecins sans frontières avait fait état auprès de l’AFP de 40 blessés par balles pris en charge par l’hôpital en moins de douze heures.
MSF a déclaré avoir accueilli plus de 800 personnes ayant cherché refuge, mais face à l’aggravation de la situation, elle a décidé de suspendre les activités de l’hôpital jusqu’à nouvel ordre. « Les tirs n’ont pas cessé » depuis dimanche matin, souligne une source auprès de Reuters.
Trois jours plus tôt, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait indiqué dans une interview que la sécurité en Haïti n’est pas au niveau nécessaire pour tenir des élections en août prochain, alors que le pays le plus peuplé des Caraïbes attend son premier vote présidentiel depuis dix ans.
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Une nouvelle force multinationale de lutte contre les gangs est en cours de déploiement pour remplacer la Mission multinationale de soutien à la police haïtienne (MMAS), sous-équipée et sous-financée.
Mais à ce stade, seul un contingent de 400 soldats tchadiens est arrivé à Port-au-Prince. La nouvelle force a d’autre part annoncé jeudi l’arrivée de son commandant, le général mongol Erdenebat Batsuuri.
Ouest - France / Photo: JONET ST ELOIS / EPA
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