2026-05-14 12:24:46 - Une factrice travaillant à Bordeaux depuis 20 ans a été licenciée à trois mois de la retraite pour «cause réelle et sérieuse» lors d’une livraison de colis. Au cours de l’événement, la factrice raconte qu’elle a été poussée par une cliente «hyper énervée». Les syndicats reprochent une absence de dialogue social.
«Je me sens rejetée, méprisée par les dirigeants de La Poste», s’attriste Elizabeth Brayette, factrice ayant travaillé pendant 20 ans à l'hôtel logistique urbain de La Poste de Bordeaux. À trois mois de sa fin de carrière, l’organisation la flanque à la porte pour une raison qu’elle juge totalement injuste. Au micro de France 3 Nouvelle Aquitaine, elle raconte le déroulé de l’événement, remontant au 13 décembre 2025, qui a poussé sa direction à prendre une telle décision : une cliente est arrivée «hyper énervée, elle voulait ouvrir le colis avant de signer, j'ai dit qu'on n'avait pas le droit à La Poste [...] Elle m'a poussé contre la voiture, elle était excitée.»
La cliente a alors déposé une réclamation. La Poste en a alors profité pour virer Elizabeth Brayette, au lieu de soutenir sa fidèle employée. Son dossier est passé devant une commission de discipline, qui a entraîné son licenciement, à trois mois de son départ à la retraite. «Je me sens rejetée, méprisée par les dirigeants de La Poste [...] Je n'étais pas assez rentable, car j'étais limitée à 50 colis par jour depuis que je me suis cassée la cheville», accuse alors l'ancienne factrice.
«Pas de reconnaissance, pas de fête pour mon départ à la retraite»
Partir trois mois avant la fin de sa carrière est un symbole et un réel crève-cœur pour Elizabeth Brayette : «Ils me jettent comme ça, c’est ça qui fait mal, même pas de reconnaissance, pas de fête pour mon départ à la retraite». À bout de force, Elizabeth Brayette, n’a pas souhaité se lancer dans une bataille judiciaire contre La Poste et a renoncé à saisir le tribunal des Prud'hommes.
Cette décision, les syndicats la contestent évidemment : «Babeth a été licenciée à trois mois de sa retraite pour des choses absurdes. Quand ce ne sont pas des licenciements, ce sont des sanctions très lourdes, des mises à pied jusqu'à 3 mois sans salaire, ce qui est catastrophique», a dénoncé Johnny Perré, le Secrétaire départemental CGT La Poste. Sollicitée par France 3 Régions, la direction de La Poste assume sa décision et évoque des «actions et comportements en inadéquation avec le règlement intérieur».
Article de Teddy Perez - Capital France / Photo:OceanProd / Adobe Stock
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