2026-05-11 17:20:33 - Il est bien loin le temps où, sous l’impulsion de Barack Obama, Cuba s’ouvrait après de longues décennies de verrouillage politique et s’offrait aux touristes américains. Donald Trump est revenu au pouvoir et il a aussitôt inscrit l’île caribéenne sur son tableau de chasse, au même titre que le Venezuela, le Groenland et l’Iran des mollahs.
Il suffit d’aller un jour à Key West, au bout de la Floride, pour comprendre à quel point Cuba est proche des Etats-Unis (environ 150 kilomètres). Et l’idée qu’un pays communiste jouxte ses frontières est semble-t-il intolérable au président américain. Celui-ci affinant son mode opératoire au petit bonheur la chance (cela lui a réussi à Caracas, reste en suspens à Nuuk et semble en passe d’échouer à Téhéran), il applique donc à Cuba une méthode assez basique : on affame, on épuise, et on fonce ramasser ce qui reste.
Comment ? Pour en faire quoi ? Peu importe, seul lui importe le goût de la conquête. Alors que l’embargo économique imposé à l’île en 1962 par les Etats-Unis n’est pas parvenu à asphyxier et faire tomber le régime communiste, Donald Trump n’a rien trouvé de mieux que de durcir encore ces mesures en décrétant un blocus énergétique. Résultat, la population est si fatiguée, si usée par les privations qu’elle n’aurait même plus la force de prendre les armes et de renverser le régime comme les autorités américaines l’espèrent en secret.
Première conséquence de cette mise à mort progressive, le pays perd ses forces vives : un quart de la population aurait quitté l’île depuis 2020, essentiellement des jeunes désireux de gagner leur vie ou a minima de se ménager une perspective d’avenir car, sur l’île, il n’y en a plus. Notre envoyé spécial raconte dans un reportage poignant la misère dans laquelle vivent ou plutôt survivent les Cubains, privés de carburant et donc de modes de transport, et de tourisme, et donc de revenus puisque l’île n’a aucune autre richesse. Il leur reste la débrouille, l’aide de la diaspora, et le maigre espoir mâtiné d’inquiétude de voir l’économie s’ouvrir davantage au secteur privé… au bénéfice des Américains.
Opinion de Alexandra Schwartzbrod - Photo:Natalia Favre
: Afrique Monde

