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Mali : deux attentats, revendiqués par des djihadistes, font plus de 30 morts. Vidéo

2026-05-08 09:30:15 - Des images publiées sur les réseaux sociaux le 6 mai montrent des fourgonnettes en feu sur le bord d'une route à Kenieroba, au Mali, alors qu'un barrage sur les principales routes menant à la capitale, Bamako, continue de perturber le trafic. 

Imposé depuis le 30 avril, ce barrage djihadiste sème le chaos sur les axes routiers essentiels menant à la capitale de ce pays enclavé, qui dépend des importations par camion.
 
En parallèle, deux attentats ont eu lieu dans le centre du Mali, revendiqués par des djihadistes liés à Al-Qaïda. Ils ont fait plus de 30 morts, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources locales, sécuritaires et administratives.
 
"Au moins 35 personnes ont été tuées mercredi lors d'attaques quasi simultanées » contre les villages de Korikori et Gomossogou", a déclaré un responsable de la jeunesse.
 
Une source sécuritaire et une source administrative ont toutes deux fait état de plus de 30 morts lors de ces assauts, revendiqués par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM aussi appelé JNIM).
 
Le WAMAPS, un groupe de journalistes ouest-africains spécialisés dans la sécurité au Sahel, a indiqué que le bilan provisoire s'élevait à plus de 50 villageois tués et plusieurs autres toujours portés disparus.
 
"Des villages ont été pillés et certaines propriétés incendiées", a ajouté le groupe.
 
La source sécuritaire a indiqué que les attaques de jeudi constituaient une riposte aux actes commis par la milice Dan Nan Ambassagou, la plus connue des groupes d’autodéfense mis en place par les communautés locales en réponse aux attaques qui ravagent le centre du Mali.
 
"Les victimes sont principalement des miliciens. Mais il y a aussi des adolescents et des enfants", a déclaré la source à l’AFP.
 
Composée principalement de chasseurs traditionnels de l'ethnie dogon, la milice Dan Nan Ambassagou a refusé l'ordre de dissolution donné par les autorités, qui l'accusaient d'un massacre dans le village d'Ogossagou, dans le centre du pays, qui a fait 160 morts.
 
L'armée malienne a déclaré jeudi avoir mené "une opération ciblée contre des groupes armés terroristes" dans la région et qu'une douzaine de combattants avaient été "neutralisés".Elle n’a pas donné plus de détails.
 
Violences dans le centre du Mali
 
Les attaques dévastatrices menées les 25 et 26 avril par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement séparatiste touareg, ont visé des villes stratégiques, notamment Kidal, dans le nord désertique, et Kati, une ville de garnison près de la capitale Bamako.
 
Le ministre de la Défense Sadio Camara, âgé de 47 ans et architecte de l’alliance militaire du Mali avec la Russie, a été tué par un attentat à la voiture piégée à son domicile.
 
Kidal et d’autres villes et villages du nord ont été pris et sont désormais sous le contrôle du FLA et des djihadistes, qui ont depuis imposé un blocus sur Bamako.
 
Ces dernières années, le centre du Mali a également été le théâtre de violences meurtrières.
 
Après les massacres de 2019, Ogossagou a été le théâtre d’un raid en février 2020 qui a coûté la vie à une trentaine de Peuls, un peuple nomade souvent accusé dans tout le Sahel d’aider les djihadistes.
 
En mars 2022, environ 300 civils ont été massacrés dans la ville de Moura, Human Rights Watch pointant du doigt l’armée malienne et ses alliés étrangers — probablement des mercenaires russes du groupe paramilitaire Wagner.
 
Et en juin de la même année, plus de 130 civils ont été tués dans la ville de Diallassagou lors d’attaques attribuées aux djihadistes du JNIM.
 
Vague d’arrestations et d’enlèvements
 
Mercredi, des sources sécuritaires, judiciaires et familiales ont indiqué à l’AFP que plusieurs personnalités de l’opposition et des militaires avaient été arrêtés ou enlevés à la suite des attaques de grande ampleur contre la junte.
 
Le parquet militaire a déclaré la semaine dernière disposer de "preuves solides" de la "complicité" de certains membres de l’armée, les accusant d’avoir contribué à la "planification, la coordination et l’exécution" des attaques.
 
Mais un responsable politique a déclaré que cette vague d’arrestations et d’enlèvements s’apparentait à une chasse aux sorcières.
 
"Tout porte à croire que ces événements sont utilisés comme prétexte pour mener une purge au sein de l’opposition politique et de l’armée", a déclaré ce responsable à l’AFP, sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.
 
Depuis 2012, le Mali est confronté à une grave crise sécuritaire alimentée notamment par les violences perpétrées par des combattants affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique, ainsi que par des gangs criminels locaux et des groupes indépendantistes.
 
Le 30 avril, le JNIM a appelé à un "front commun" pour "mettre fin à la junte" et amorcer une transition pacifique et inclusive.
 
Le pays est sous régime militaire depuis les coups d’État successifs de 2020. 

  

 Africanews avec AFP - (Photo AP)Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved

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