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Rennes: « Le 1er-Mai doit être un sanctuaire »... Ce syndicaliste défile pour la défense des travailleurs depuis cinquante ans

2026-05-01 18:48:43 - Secrétaire général du syndicat Force ouvrière en Ille-et-Vilaine, Fabrice Lerestif a emmené la manifestation rennaise du 1er-Mai, sans doute pour la dernière fois 

le poing levé - Secrétaire général du syndicat Force ouvrière en Ille-et-Vilaine, Fabrice Lerestif a emmené la manifestation rennaise du 1er-Mai, sans doute pour la dernière fois
 
C’est l’un des visages des manifestations rennaises. Une voix aussi, qui répète à chaque fois « mes chers camarades » en appelant à la grève et à la défense des salariés. Depuis des années, Fabrice Lerestif est habitué à prendre la tête des cortèges - parfois agités - qui défilent dans les rues de la capitale bretonne : loi Travail, réforme des retraites… L’homme à l’épaisse barbe est toujours là, avec cette envie de haranguer la foule tout en tentant de temporiser les éléments les plus radicaux. La manifestation, c’est l’un de ses moyens d’expression.
 
Mais s’il ne fallait en garder qu’une, le leader du syndicat Force ouvrière choisirait sans hésiter celle du 1er-Mai. « Parce que c’est notre journée. La journée des travailleurs, la journée des syndicalistes », témoigne le secrétaire départemental de FO. Ce vendredi, il participait à son cinquantième 1er-Mai.
 
La première fois, c’était le 1er mai 1976. « J’allais avoir 15 ans. J’y avais été tout seul. Je voulais voir ce que c’était, je voulais comprendre les choses. Je crois que j’avais déjà cette idée de justice sociale », raconte Fabrice Lerestif. Depuis, le responsable départemental de Force ouvrière n’a pas manqué une seule manifestation du 1er-Mai. « La seule fois où je n’ai pas défilé, c’était en 2020. Parce qu’on nous l’avait interdit. On avait tout tenté auprès de la préfecture mais on n’avait rien pu faire. On m’avait fait comprendre que j’étais surveillé et que je n’avais pas intérêt à sortir de chez moi. »
 
« L’Internationale » dans les rues vides
 
Fabrice Lerestif était donc resté chez lui, frustré de ne pas pouvoir célébrer cette journée si importante dans son calendrier. « Mais plusieurs camarades avaient branché une sono sur une voiture. Ils avaient passé des heures à rouler dans Rennes en passant l’Internationale. Tout le monde nous en parlait après. »
 
La pandémie s’est éloignée et les syndicats ont pu retourner peu à peu dans la rue. Le leader de FO en Ille-et-Vilaine a alors repris son micro pour appeler à « la grève générale » pour « bloquer l’appareil productif » français. En vain. En 2023, après une longue mobilisation, les syndicats de travailleurs avaient échoué à faire annuler la réforme des retraites. L’envie est restée, mais le coup a été dur à encaisser.
 
« On nous crache à la figure »
 
Ce vendredi, la manifestation rennaise a réuni entre 1.700 participants, selon la préfecture, et 4.000, selon les syndicats. Décevant ? Même pas. Car pour le syndicaliste, l’essentiel est de lutter. Et de crier son envie de défendre les droits des travailleurs en cette journée si particulière. « Tous ces élus qui veulent nous faire travailler aujourd’hui, ce gouvernement… Ils nous insultent, ils nous crachent à la figure. Le 1er-Mai doit être un sanctuaire. »
 
C’est avec une petite émotion qu’il a pris la parole sur la place du quartier du Blosne, où les camarades avaient rendez-vous. Car après treize années comme secrétaire départemental de Force ouvrière, l’homme passera la main en novembre. Était-ce son dernier 1er-Mai ? « Je n’aime pas trop quand on dit ça, on dirait qu’on fait ma nécrologie », glisse dans un sourire le militant FO, avant de reconnaître qu’il y a « de l’émotion ». Il continuera d’y défiler sans se défiler. Avec la même passion, mais avec plus de discrétion.
 
Article de Camille Allain - 20 Minutes
 

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