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La gauche salue la chute de Khamenei, mais déplore le non-respect du droit international

 La mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, survenue le 28 février dans les bombardements américains et israéliens en Iran, a été unanimement salué par la classe politique française. Cela étant dit, les responsables des partis de gauche ont dans un même mouvement fustigé la méthode employée, y voyant une nouvelle illustration du non-respect du droit international, deux mois après la capture du Vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis.

 
Du rire aux larmes, comment les Iraniens ont réagi à la mort de Khamenei
 
Dans une rare connexion intellectuelle, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure ont tous deux qualifié Ali Khamenei de « bourreau ». « Nous ne pleurerons pas celui qui, sans trembler, a fait tirer sur la courageuse jeunesse iranienne pour conserver son pouvoir. Son bilan est écrit avec le sang de ses innombrables victimes qui exigeaient simplement leur liberté après l’assassinat de Mahsa Amini », a ajouté le Premier secrétaire du parti socialiste sur X. Invitée de Dimanche en Politique sur France 3, son homologue écologiste Marine Tondelier a pour sa part estimé « qu’on ne peut que comprendre les images de liesse et de gens qui se réjouissent en Iran ».
 
Une « manière inacceptable »
 
« Par contre, la manière dont s’y prennent les États-Unis est inacceptable », a immédiatement ajouté l’Écologiste. « Il nous reste une boussole dans ce monde, c’est le droit international. Si les plus grands de ce monde, après Poutine en Ukraine, Trump au Venezuela et maintenant en Iran, marchent dessus, après ce sera quoi ? La loi du plus fort tout le temps, partout ? » Une critique marquée, qui fait écho à celle de Jean-Luc Mélenchon, défenseur d’un non-alignement sur les États-Unis. « La mort d’Ali Khamenei (...) ne justifie pas les moyens qui l’ont provoquée. Enlever ou assassiner les dirigeants dont on combat la politique reste la négation de tout droit international », a cinglé le triple candidat à la présidentielle.
 
Plus mesuré, Olivier Faure a tout de même pointé une « opinion internationale logiquement partagée », entre la « satisfaction de voir le régime des mollahs vaciller » et « le rejet d’une intervention israélo-américaine conduite sans mandat clair (pas même celui du Congrès américain), en contravention avec les règles du droit international. »
 
Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé, à l’heure où ces lignes sont écrites, sur la mort du chef iranien. Lors des premières frappes contre l’Iran samedi dans la matinée, il avait appelé à « cesser » une « escalade dangereuse pour tous. » Il a ensuite réaffirmé, en introduction d’un Conseil de défense convoqué dans la soirée que « la France n’a(vait) été ni prévenue ni impliquée », une précision factuelle importante qui sonne également comme une prise de distance. Mais à l’inverse de la Norvège, ou du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui a dénoncé l’action « unilatérale » des États-Unis et d’Israël, le chef de l’État n’a pas directement évoqué un quelconque manquement au droit international.
 
Bregeon reconnaît un non-respect du droit international mais…
 
Invitée du Grand Jury ce dimanche 1er mars, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a déclaré que « de toute évidence », les frappes américano-israéliennes n’étaient « pas encadrées par le droit international ». « Maintenant, ce qui compte, c’est le jour d’après, c’est de permettre aux Iraniens de faire le choix de leur avenir », a-t-elle insisté.
 
La question de cette transition est aussi soulevée par le gauche. Laquelle estime que la méthode américaine est loin de lui permettre d’être lancée dans les meilleures conditions. « Des bombardements, ça n’a jamais libéré les peuples. Quand on veut s’en prendre à un dictateur, il faut le juger plutôt que le tuer », a ainsi estimé Marine Tondelier. En parallèle, chefs de file socialiste et insoumis s’interrogent sur les réelles ambitions de Trump derrière cette action, Jean-Luc Mélenchon pointant la « volonté suprémaciste » des dirigeants américain et israélien.
 
Au-delà d’Ali Khamenei, les frappes en Iran ont éliminé le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le chef des Gardiens de la Révolution, et un conseiller du guide suprême et secrétaire du Conseil de défense. Pour ne citer qu’eux. Le principal responsable de la sécurité du pays et ex-bras droit du guide suprême, Ali Larijani a annoncé la constitution prochaine d’un « conseil de direction provisoire ». Il sera, selon les premiers noms annoncés, constitué principalement de proches du guide suprême. En France, les responsables politiques espèrent donc voir enclencher un processus autre, placé sous l’égide des Nations Unies. Un nouveau conseil de défense est prévu ce dimanche soir à l’Élysée autour du président de la République.
 
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Article de Jade Toussay - Le HuffPost
 
 
 

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