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Voyages déconseillés, vols annulés… Les derniers signes inquiétants d’un Moyen-Orient au bord de l’embrasement

2026-02-28 03:02:20 - Elle était perçue comme l’une des dernières chances pour éviter une guerre. La troisième session de pourparlers sous médiation omanaise entre l’Iran et les États-Unis, à Genève (Suisse), jeudi, n’a pas abouti à des grandes avancées sur le volet nucléaire. Si Téhéran a salué « de très bons progrès », Washington ne fait pas la même lecture des événements. 

« Je ne suis pas content quant au fait qu’ils (les Iraniens) ne veulent pas nous donner ce que nous devons avoir, je ne suis pas très content. Nous verrons ce qu’il va se passer », a déclaré Donald Trump, le président américain, à des journalistes ce vendredi.
 
Les négociations ne sont pas éteintes pour autant, a-t-il dit, indiquant que « d’autres discussions » devaient se tenir dans la journée, mais le patron de la Maison-Blanche n’a pas tiré un trait sur l’hypothèse d’un recours à la force. À ce sujet, il affirme ne pas avoir encore pris de « décision finale ».
 
Pendant ce temps, les Américains ont organisé leur plus important déploiement militaire au Moyen-Orient depuis des décennies. Washington a notamment dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d’Israël après avoir quitté jeudi la Crète.
 
L’ombre de la guerre, diffuse depuis des semaines, semble se préciser, et avec elle les risques de représailles iraniennes contre Israël, ennemi juré de la République islamique, en cas d’attaque américaine sur l’Iran.
 
« Un contexte de menaces américaines »
 
Signe d’un risque d’embrasement grandissant, différentes nations ont pris des mesures visant à protéger leurs ressortissants actuellement présents dans la région ainsi que les voyageurs.
 
Ainsi, la France déconseille vivement depuis ce vendredi de se rendre « en Israël, à Jérusalem et en Cisjordanie, y compris pour des visites touristiques et familiales ». En cause : « La situation sécuritaire en Iran et ses possibles répercussions ». Le ministère des Affaires étrangères ajoute « qu’en fonction des évolutions du contexte régional et de la possibilité d’une fermeture de l’espace aérien, des annulations et reports de vols peuvent survenir durant plusieurs jours ». La diplomatie allemande diffuse désormais le même message à ses ressortissants, « dans un contexte de menaces américaines de frappes en Iran faisant craindre un embrasement régional ».
 
Dans la journée, les Américains ont pour leur part autorisé les employés gouvernementaux jugés « non essentiels » à quitter le territoire israélien sans délai, les invitant à profiter des vols commerciaux encore disponibles. Washington dit en outre qu’aucun Américain ne devrait se rendre en Iran « pour quelque raison que ce soit » et invite les Américains résidant en Iran à partir « immédiatement ».
 
De son côté, le ministère britannique des Affaires étrangères a annoncé ce vendredi avoir déplacé certains membres de son personnel diplomatique hors de Tel-Aviv, où se trouve son ambassade en Israël, face au risque que la situation puisse « s’aggraver rapidement » après des menaces de frappes américaines en Iran.
 
En Belgique, le ministère des Affaires étrangères a rappelé ce vendredi à ses ressortissants que la situation était « volatile ». Les citoyens belges actuellement en Iran sont ainsi priés de quitter le pays, tandis que les voyages vers l’Iran sont « fortement déconseillés ». De surcroit, les Belges aujourd’hui en Israël ou au Liban sont appelés à suivre des mesures de sécurité.
 
Il n’y a pas que les Occidentaux qui s’inquiètent de la montée de tension au Moyen-Orient, la Chine également. Pékin a demandé à ses ressortissants de quitter l’Iran « dès que possible », invoquant une « forte augmentation des risques sécuritaires extérieurs ».
 
Des discussions techniques prévues la semaine prochaine
 
La Turquie, qui partage une frontière de quelque 550 km avec l’Iran et trois points de passage terrestres, n’a pas donné de consignes à ses voyageurs à ce stade.
 
Mais c’est dans ce contexte tendu que Turkish Airlines et deux compagnies iraniennes ont annulé leurs vols vers Téhéran au départ d’Istanbul ce vendredi soir. Quatre autres vols prévus samedi, dont deux opérés par Turkish Airlines, sont également annulés, mais six autres sont pour l’heure maintenus. Un vol Turkish Airlines à destination de Tabriz (nord-ouest de l’Iran), initialement programmé samedi, est également annulé.
 
Quelle que soit la conclusion des discussions du jour entre États-Unis et Iran, il a d’ores et déjà été convenu que des discussions techniques autour du nucléaire se tiendraient la semaine prochaine à Vienne, selon un rapport confidentiel consulté par l’Agence France-Presse (AFP).
 
Le Parisien avec AFP - Photo:AFP/Andrew Caballero-Reynolds

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