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France - Mélenchon. Ce sera eux ou nous : dans la tourmente après la mort de Quentin Deranque, Jean-Luc Mélenchon dénonce « une déferlante » pour « interdire » LFI

2026-02-22 16:23:41- Auprès de La Tribune Dimanche, ce 22 février, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise, qualifie la mort de Quentin Deranque, à Lyon, comme une "bataille de rue" qui aurait mal tourné.

Il persiste et signe. "Les gens ne peuvent pas croire que ce sont nous, les Insoumis, qui avons tué un jeune dans la rue", assure Jean-Luc Mélenchon à La Tribune Dimanche, dans un entretien publié ce dimanche 22 février. Pour lui, la mort du jeune homme serait "une bataille de rue" qui a mal tourné. L'implication de ses ouailles "n'est pas crédible", cingle le troisième homme de la présidentielle.

Pourtant, ce jeudi 19 février, dans sa conférence de presse, Thierry Dran, procureur de la République de Lyon, annonçait la mise en examen pour "complicité par instigation" de l'attaché parlementaire de Raphaël Arnault, député insoumis du Vaucluse, dans l'affaire du lynchage de Quentin Deranque, nationaliste de 23 ans décédé des suites de ses blessures samedi 14 février dans la capitale des Gaules.

Partie d'une rumeur, la présence de Jacques-Eli Favrot, attaché parlementaire de Raphaël Arnault, sur les lieux du crime n'est plus un secret. Interpellé, mis en examen pour complicité de meurtre et placé en détention provisoire jeudi dernier, l'assistant parlementaire insoumis a d'abord reçu les soutiens des cadres de LFI.

Mardi 17 février, sur notre antenne, Alma Dufour assure qu’elle met ses deux mains à couper que le collaborateur de Raphaël . Arnault n’a rien à voir dans cette histoire". Et à l'Assemblée, lors des questions au gouvernement, Mathilde Panot jure "qu'aucun insoumis n'est impliqué ni de près, ni de loin dans ces violences".

"Plus question de contester la dissolution"

Une fois l'inculpation de l'assistant parlementaire, il faut défendre le député. Après tout, Raphaël Arnault doit-il être tenu responsable des actes de son assistant parlementaire? Derrière le député, "fiché S", les insoumis font bloc. "La participation une formation politique est une chose. Le fait d’être employé comme collaborateur d’un député en est une autre", explique le coordinateur du parti, Manuel Bompard.

Car le député du Vaucluse est le cofondateur de la Jeune Garde, un groupuscule antifasciste dont aurait fait partie les suspects du meurtre de Quentin, avant sa dissolution en 2025. LFI en avait fait un mouvement allié, utilisé comme service d'ordre dans certaines manifestations, et dont la présence était admise puisque "les forces de l'ordre ne faisaient pas leur travail", souffle-t-on chez les insoumis à La Tribune Dimanche.

Désormais, au sein du parti mélenchoniste, le soutien à la Jeune Garde sème la discorde. Anonymement, un responsable insoumis admet auprès de notre confrère de la Tribune Dimanche qu'il "ne sera plus question de contester la dissolution" du groupe antifasciste si sa responsabilité est établie dans le drame lyonnais.

Mais, lors d'une conférence insoumise, Jean-Luc Mélenchon, refuse purement et simplement de laisse tomber la Jeune Garde, dont il revendique s’être "délibérément rapproché" ces dernières années au nom de son "expérience en matière de défense face à des agressions racistes."

"Déferlante" contre les insoumis

Comme souvent, le chef de file insoumis accuse une "déferlante" contre lui et son mouvement. "C'est quoi l'étape suivante? C'est de nous interdire!", peste-t-il. À peine plus mesuré, son très proche, Paul Vannier considère quant à lui que leurs "adversaires agissent comme des vautours en profitant de ce drame pour essayer d’obtenir notre disparition. Ils sont en train d’avancer sur ce terrain".

Jean-Luc Mélenchon est confiant et attend que la tempête passe. Selon lui, l’opinion va "comme d’habitude" se retourner. Il en est sur, d'ici l'élection présidentielle de 2027, tout le monde aura oublié. Anonymement, un cadre du parti estime que cet épisode peut ressouder la base électorale. "Vous verrez que Sophia Chikirou fera au moins 12% à Paris", prédit-il pour les élections municipales de mars prochain. 

Au fond, pour Jean-Luc Mélenchon il s'agit de ne surtout pas "donner le point" aux "fachos", comprendre, l'extrême droite. Droit dans ses bottes, il résiste en attendant "l'affrontement final" entre LFI et le RN qu'il présage au second tour de la présidentielle. "Ce sera eux ou nous", maintient-il.

En attendant, un hypothétique retournement à son avantage, LFI dénonce les intimidations. Toute la semaine, les élus insoumis se sont indignés du silence du gouvernement alors qu'un peu partout en France les locaux de campagne du parti subissent, tag et vandalismes en tout genre. Mercredi, le siège parisien a dû être évacué. En cause, une alerte à la bombe donnée dans un message emplis de haine. 

BFM - Photo par SAMEER AL-DOUMY / AFP

 
 
 
 
 
 

 

 

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