2026-02-01 04:04:37 - En pleine vague de manifestations après les morts de Minneapolis, le président américain affirme avoir ordonné au ministère de la Sécurité intérieure de ne pas intervenir dans les villes concernées, tout en avertissant que la protection des bâtiments fédéraux sera assurée avec fermeté.
Donald Trump affirme avoir ordonné au ministère de la Sécurité intérieure (DHS) de se tenir à l’écart des manifestations qui secouent plusieurs grandes villes américaines, sauf si les autorités locales en font explicitement la demande. Une consigne présentée comme un geste de retenue fédérale, mais immédiatement accompagnée d’une mise en garde musclée sur le maintien de l’ordre et la protection des bâtiments de l’État.
Dans un long message publié sur Truth Social, le président américain explique avoir donné instruction à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, de ne « sous aucun prétexte » engager les forces fédérales dans la gestion des manifestations ou émeutes se déroulant dans des villes démocrates, « à moins, et jusqu’à ce qu’elles demandent de l’aide ». « Nous ne participerons pas à des villes démocrates mal gérées en ce qui concerne leurs manifestations et/ou émeutes », écrit-il.
Cette prise de position intervient alors que Minneapolis est devenue l’épicentre d’une vague de contestation nationale, après la mort de deux citoyens américains, Alex Pretti et Renee Good, tués en janvier par des agents fédéraux de l’immigration. Des manifestations ont également eu lieu dans plusieurs grandes villes, de New York à Los Angeles, en passant par Boston et Chicago.
L’armée « si nécessaire »
Si Donald Trump assure vouloir laisser les autorités locales gérer seules les rassemblements, il précise toutefois que la protection des bâtiments fédéraux restera une ligne rouge absolue. « Nous protégerons, et très puissamment, tous les bâtiments fédéraux attaqués par ces lunatiques très bien payés, agitateurs et insurgés », affirme-t-il, annonçant avoir demandé à l’ICE et à la police aux frontières de se montrer « très fermes » dans cette mission.
Le président détaille une série de comportements qu’il juge inacceptables : crachats sur les agents, coups portés aux véhicules, jets de pierres ou de briques. « S’il y a cela, ces personnes subiront une conséquence égale ou plus grande », prévient-il, dans un ton explicitement dissuasif. Il n’exclut pas non plus un recours à l’armée « si nécessaire ».
Donald Trump met également la pression sur les élus locaux, leur rappelant qu’il leur incombe de protéger non seulement les biens municipaux et étatiques, mais aussi les propriétés fédérales. Il cite un incident survenu la veille à Eugene, dans l’Oregon, où des manifestants auraient pénétré dans un bâtiment fédéral. « La police locale n’a rien fait pour l’arrêter. Nous ne laisserons plus cela arriver », écrit-il.
Le président se dit toutefois prêt à intervenir rapidement si les autorités locales en font la demande, rappelant l’exemple des émeutes de Los Angeles, à la fin du mandat de Joe Biden. « Nous irons immédiatement là où l’aide est demandée et nous réglerons la situation très facilement et méthodiquement », assure-t-il, non sans ironie : « Mais avant cela, vous devez utiliser le mot “S’IL VOUS PLAÎT”. »
Ce message illustre une stratégie à double face : afficher une forme de désengagement fédéral dans des villes dirigées par des démocrates, tout en maintenant une menace explicite d’intervention massive. Après avoir évoqué ces derniers jours une volonté de « désescalade », Donald Trump continue de qualifier les manifestants d’« insurgés », d’« agitateurs » et de « criminels ».
« J’ai été élu sur une politique de contrôle des frontières, de sécurité nationale et de loi et d’ordre, et c’est ce que l’Amérique obtient », conclut-il, alors que la situation reste tendue dans plusieurs États et que les enquêtes fédérales se poursuivent sur les circonstances des morts de Minneapolis.
Article de Anne-Fleur Andrle - Ouest-France / Photo:Getty Images via AFP
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