2026-01-23 23:18:46 - L’affaire Bétharram, qui a révélé en France des graves violences commises sur les élèves de l'établissement pendant des années, connaît des répercussions à l’étranger. Une seconde victime ivoirienne a déposé plainte dans l’Hexagone pour des faits présumés commis en Côte d’Ivoire au début des années 1990 par des membres de la congrégation de Bétharram. Des faits aujourd’hui prescrits, mais examinés par une commission d’enquête. La Côte d’Ivoire apparaît comme « l’épicentre de l’affaire Bétharram à l’étranger ».
Parmi les personnes mises en cause figure Benat Ségur, prêtre français déjà cité dans de nombreuses accusations de viols et d’attouchements sexuels en France. Il faisait l’objet de 13 plaintes dans l’Hexagone.
Dans les années 1980, Benat Ségur était directeur de l’établissement catholique du sud-ouest de la France, d’où est partie l’affaire Bétharram. En 1990, il devient responsable de la paroisse Saint-Bernard d’Adiopodoumé, à Abidjan, lieu où se seraient déroulés les faits dénoncés par cette victime ivoirienne, aujourd’hui installée en France.
La plainte déposée ne pourra toutefois pas aboutir : les faits sont prescrits. De plus, Benat Ségur est décédé en 2010, ce qui empêche toute poursuite judiciaire à son encontre.
La Côte d’Ivoire, « épicentre » de l’affaire à l’étranger
Malgré ces obstacles judiciaires, la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur les violences des Bétharramites a recueilli le témoignage de cette victime. Au total, une dizaine de témoignages concernent des faits dénoncés en Côte d’Ivoire.
Le président de la commission Jean-Pierre Massias doit se rendre sur place début février afin de tenter d’identifier d’autres victimes : « On va rencontrer des prêtres de la paroisse. On va rencontrer les autorités locales, d'autres personnes qui ont pu croiser les chemins de ces prêtres-là, et puis voir si, au-delà de Benat Ségur, il n’y a pas eu d’autres cas pour d’autres personnes et comment s’est organisée l’impunité de ces gens-là. »
Jean-Pierre Massias espère que la présence de la commission encouragera certaines victimes à témoigner et à dénoncer des agissements restés jusqu’ici secrets. Selon lui, la Côte d’Ivoire apparaît comme « l’épicentre de l’affaire Bétharram à l’étranger ».
RFI - Photo: AFP - THOMAS SAMSON
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