2026-01-08 21:04:49 - Si l’exécutif vénézuélien a été décapité avec l’arrestation de Nicolas Maduro et de son épouse le 3 janvier dernier, le pouvoir chaviste est toujours en place – et ne tolère pas les scènes de liesse. L’ONG vénézuélienne Foro Penal, spécialisée dans la défense des prisonniers politiques, a confirmé à l’AFP ce mercredi l’arrestation de deux manifestants ce lundi 5 janvier, pour avoir célébré la capture du chef d’État par les États-Unis.
Selon les précisions de Gonzalo Himiob, avocat de Foro Penal, il s’agit de deux frères âgés de 64 et 65 ans, « des agriculteurs très modestes » originaires de l’État de Mérida, dans l’ouest du pays. « Nous attendons de voir s’ils seront présentés devant les tribunaux », a précisé l’avocat, ajoutant que les deux hommes inculpés « étaient en état d’ivresse et sont sortis devant leur domicile pour célébrer » le fait que Nicolas Maduro avait été capturé. Et de préciser : « Ils ont tiré quelques coups en l’air avec les armes que l’on conserve habituellement dans les exploitations et les propriétés rurales, en plaisantant avec leurs voisins qui sont des partisans du pouvoir ». Ces derniers les ont dénoncés aux autorités vénézuéliennes.
Après la chute de Nicolas Maduro, le gouvernement vénézuélien, dirigé par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, a décrété l’État d’exception, permettant l’envoi en prison de tout citoyen célébrant l’opération américaine. Après la réélection contestée du président chaviste à la tête du pays en juillet 2024, les protestations qui s’en sont suivies ont fait 28 morts et entraîné l’arrestation de 2 400 personnes, ainsi qu’une nouvelle vague de persécution contre les opposants du régime, dénoncée par nombre d’ONG.
leJDD - Photo: Ariana Cubillos/AP/SIPA
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