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« Dépendance absolue à La Havane » : pourquoi Maduro s’entourait de gardes du corps cubains

2026-01-07 11:37:32 - La « capture » de Nicolás Maduro, samedi au terme d’une opération vantée comme « chirurgicale » à Washington, a tout de même coûté la vie à 55 militaires. Parmi eux, 32 appartiennent aux services de sécurité cubains, a indiqué La Havane ce mardi. Des « gardes du corps » du président vénézuélien déchu ont été tués, expliquait Donald Trump dimanche. 

Dans les détails publiés sur Cubadebate, l’un des organes de presse officiel du régime communiste, 21 étaient membres du ministère de l’Intérieur, dont trois officiers supérieurs (deux colonels et un lieutenant-colonel), les 11 autres étaient membres des Forces armées révolutionnaires, pour la plupart des soldats. Le membre le plus âgé avait 67 ans, le plus jeune 26, est-il précisé.
 
Selon CNN, cette nouvelle « semble confirmer ce qui était suspecté depuis longtemps : les gardes du corps les plus proches de Maduro étaient cubains ». « Des diplomates étrangers en poste à Caracas m’ont rapporté pendant des années que les gardes du corps de Maduro parlaient espagnol avec un accent cubain et que Maduro (…) faisait souvent davantage confiance à ses conseillers cubains qu’à ses propres compatriotes », écrit Patrick Oppmann, correspondant du média américain à La Havane.
 
Coopération ancienne
 
Cuba et le Venezuela entretiennent depuis longtemps des relations étroites de coopération dans des secteurs stratégiques tels que la défense, la santé et l’éducation, prévoyant notamment un approvisionnement en pétrole contre l’envoi de médecins et de professeurs. Depuis la présidence d’Hugo Chavez, La Havane aurait envoyé au palais de Miraflores nombre de conseillers militaires et experts en renseignement pour aider le pouvoir à se maintenir en place.
 
« Avec la bénédiction de Castro, Chavez a placé des conseillers cubains dans son cercle restreint afin de renforcer la sécurité », révélait une enquête de Reuters en 2019. Nicolás Maduro semble avoir emprunté le même chemin que son mentor. « Le président déchu a été placé au cœur du pouvoir vénézuélien par La Havane, télécommandé par La Havane et même protégé par des gardes du corps de La Havane », analyse Maria C. Werlau, une spécialiste de Cuba interrogée par L’Express.
 
Entre Caracas et La Havane, la collaboration militaire s’est ancrée au fil des années. « Le Venezuela est l’allié le plus important que Cuba ait jamais eu en Amérique latine en raison de l’échange de pétrole contre des services médicaux. Le fait qu’ils assurent la sécurité intérieure du Venezuela est tout à fait logique », estime William LeoGrande, expert de politique cubaine, auprès du New York Times. D’après le quotidien américain, 140 Cubains faisaient partie de la garde personnelle de Maduro.
 
Le média cubain Cibercuba estime que l’attaque américaine, au cours de laquelle Maduro semble avoir été enlevé avec une certaine facilité, met en lumière la « fragilité du système de protection venezuelo-cubain ». La « dépendance absolue à La Havane » du président déchu serait « devenue son talon d’Achille », pointe ce même média, se faisant par ailleurs l’écho d’un mécontentement grandissant au sein de la population cubaine à l’égard de cette coopération interétatique humainement coûteuse.
 
Le président cubain propose une tout autre lecture. « Nos compatriotes ont accompli leur devoir avec dignité et héroïsme et sont tombés, après une résistance acharnée, soit au combat direct contre les assaillants, soit des suites des bombardements », a déclaré Miguel Díaz-Canel, alors que le régime communiste fait déjà face aux menaces de Donald Trump, prêt à « le faire tomber ».
 
Article de Léo Aguesse - Le Parisien/Photo: Handout via Reuters

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