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Quand Moscou regarde ailleurs : la chute de Maduro expose la Russie à nu. le silence assourdissant du Kremlin

2026-01-06 18:02:09 - Introduction : le silence assourdissant du Kremlin 

Un allié tombe, Poutine se tait
 
Le trois janvier deux mille vingt-six restera gravé dans les mémoires comme le jour où l’impuissance russe s’est affichée au grand jour. Pendant que les hélicoptères de combat américains survolaient Caracas, pendant que les missiles pleuvaient sur les installations militaires vénézuéliennes, pendant que Nicolas Maduro était extrait de son palais présidentiel pour être emmené menottes aux poignets vers New York, Vladimir Poutine gardait le silence. Un silence qui en dit long.
 
Un silence qui hurle la faiblesse d’une Russie autrefois redoutée, aujourd’hui réduite à observer impuissante la capture d’un de ses plus fidèles alliés par les États-Unis. L’opération baptisée Absolute Resolve par le Pentagone n’a duré que quelques heures, mais ses répercussions géopolitiques résonnent bien au-delà des frontières du Venezuela. Pour Moscou, c’est un camouflet diplomatique et stratégique d’une ampleur considérable qui révèle au monde entier les limites criantes de sa puissance militaire et de son influence internationale.
 
Lorsque Donald Trump a annoncé triomphalement depuis Mar-a-Lago que Maduro était en route vers un tribunal fédéral de Manhattan pour répondre d’accusations de narco-terrorisme, le Kremlin n’a pu offrir qu’une réponse tiède par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères. Pas de déclaration présidentielle. Pas de menace de représailles. Juste un communiqué bureaucratique demandant poliment la libération du dirigeant vénézuélien. Le contraste est saisissant avec la rhétorique habituelle de Moscou qui dénonce systématiquement toute intervention occidentale comme une violation du droit international. Cette fois, la Russie s’est contentée d’un murmure diplomatique là où elle aurait autrefois tonné. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a bien téléphoné à la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez pour exprimer sa solidarité, mais cette solidarité sonne creux face à l’incapacité manifeste de Moscou à protéger ses alliés. Les faits sont têtus et ils parlent d’eux-mêmes.
 
Je regarde ces images de Maduro en combinaison orange de prisonnier, debout devant un juge américain, et je ne peux m’empêcher de penser à tous ces discours enflammés de Poutine sur la multipolarité du monde, sur la fin de l’hégémonie américaine. Où sont passées ces belles paroles maintenant ? La réalité vient de les balayer d’un revers de main. La Russie qui se voulait protectrice des nations souveraines face à l’impérialisme occidental n’a même pas pu lever le petit doigt pour sauver un de ses plus proches partenaires. C’est brutal. C’est humiliant. Et c’est révélateur.
 
Une opération qui change la donne
 
L’opération militaire américaine du trois janvier a été d’une précision chirurgicale qui laisse pantois. Des forces spéciales déployées avec une coordination parfaite, des frappes aériennes ciblées sur les installations militaires clés, une infiltration du palais présidentiel menée avec une efficacité redoutable. En quelques heures à peine, les États-Unis ont démontré leur capacité à projeter leur puissance militaire à des milliers de kilomètres de leurs frontières et à renverser un régime hostile sans déclencher de conflit majeur. Le Venezuela, ce pays que Moscou considérait comme faisant partie de sa sphère d’influence en Amérique latine, est tombé comme un château de cartes. Les défenses aériennes vénézuéliennes, pourtant équipées de systèmes russes, n’ont opposé qu’une résistance symbolique. Les forces armées locales se sont effondrées face à la supériorité technologique et tactique américaine. Et la Russie ? Elle a regardé le spectacle depuis Moscou, impuissante et silencieuse.
 
Le cinq janvier, quand Maduro a comparu devant le juge Alvin Hellerstein au tribunal fédéral de Manhattan, enchaîné et vêtu de la tenue réglementaire des détenus, il a déclaré être innocent et avoir été kidnappé. Mais personne ne l’écoutait vraiment. Le monde entier avait les yeux rivés sur une autre question bien plus importante : où était la Russie pendant tout ce temps ? Pourquoi Moscou n’avait-elle pas bougé ? La réponse est aussi simple qu’embarrassante pour le Kremlin. La Russie ne pouvait rien faire. Elle n’en avait ni les moyens militaires, ni la volonté politique, ni la capacité stratégique. Son armée est enlisée en Ukraine depuis bientôt quatre ans, ses ressources sont épuisées, son économie vacille sous le poids des sanctions occidentales et de l’effort de guerre. Poutine ne peut tout simplement pas se permettre d’ouvrir un nouveau front, surtout pas contre les États-Unis, surtout pas à des milliers de kilomètres de ses bases. La capture de Maduro a mis à nu cette réalité que Moscou tentait désespérément de cacher : la Russie n’est plus la superpuissance qu’elle prétend être.
 
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette scène. Un président en exercice, reconnu par Moscou et par plusieurs autres nations, arraché de son palais par une puissance étrangère et traîné devant ses tribunaux. C’est du jamais vu dans l’histoire récente. Et la Russie, qui se pose en championne de la souveraineté nationale, qui a envahi l’Ukraine au nom de la protection de ses intérêts stratégiques, cette même Russie reste les bras ballants. L’hypocrisie est flagrante, mais ce qui me frappe encore plus, c’est l’impuissance. Une impuissance qui doit terrifier tous les alliés de Moscou à travers le monde.
 
Article de Jacques Pj Provost 
 

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