2026-01-04 13:12:57 - Le Mali a validé son billet pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 en éliminant la Tunisie (1-1, 3-2 t.a.b.) à l’issue d’un match haletant, ce samedi.
Réduits à dix dès la 26e minute après l’expulsion de Coulibaly pour une semelle sur Mejbri, les Aigles ont longtemps souffert face à des Tunisiens dominateurs en supériorité numérique. Ces derniers pensaient d’ailleurs tenir leur qualification grâce à une tête victorieuse de Chaouat à la 88e minute.
Mais dans un incroyable scénario, Sinayoko a arraché l’égalisation dans le temps additionnel (90+6e) en transformant un penalty. La prolongation n’ayant rien donné, c’est lors de la séance de tirs au but que le Mali a fait la différence. Malgré les échecs de Bissouma et Nene, les Maliens ont pu compter sur les ratés d’Abdi, Achouri et Ben Romdhane côté tunisien.
Le Mali affrontera le Sénégal en quarts de finale pour un derby ouest-africain explosif.
Trois matchs nuls en phase de poules. Une qualification pour les quarts de finale arrachée au bout du suspense - et de l’ennui, il faut le dire. Le tout avec un style de jeu plus proche de l’Atlético de Diego Simeone que du Brésil de 1970. Toujours en vie dans cette Coupe d’Afrique des nations, avec un choc à venir face à l’ogre sénégalais pour une place dans le dernier carré (vendredi à 17h), le Mali ne vous rappelle rien ? Le Portugal de 2016, peut-être ? La comparaison a surgi sur les réseaux sociaux ces dernières heures et si d’aucuns la jugeront un brin trop osée, force est d'admettre que des similitudes existent bien entre ces deux équipes. Et leurs parcours, plus exactement.
Pour les plus jeunes, ou pour tous les supporters français qui ont préféré zapper cette compétition de leur esprit, rappelons que le Portugal était allé au bout de l’Euro en 2016 en remportant… un seul match dans le temps réglementaire : la demi-finale face au pays de Galles de Gareth Bale (2-0). Rescapés d’un premier tour bouclé en tant que meilleur troisième avec trois petits points, dans un groupe dominé par la Hongrie et l’Islande, Cristiano Ronaldo et sa bande avaient sorti la Croatie en huitièmes en prolongation (1-0) et la Pologne en quarts aux tirs au but (1-1, 5-3). La suite - victoire contre les Gallois en demie, puis but d’Eder à la 109e minute en finale face aux Bleus - est entrée dans la légende de la Seleçao.
À l’époque, les critiques avaient été nourries vis-à-vis de cette sélection au plan de jeu jugé minimaliste, qui puisait son bonheur dans une forme de souffrance collective, sans se soucier des critiques des esthètes et des chantres d’un football offensif. "Entre être beau et éliminé de l'Euro, et être moche mais toujours là, je préfère la dernière proposition", répondait alors aux sceptiques un Fernando Santos résolument pragmatique. Dix ans plus tard, ces mots pourraient d'une certaine façon être repris par Tom Saintfiet, le sélectionneur malien. Car c’est au prix d’âpres batailles que ses Aigles sont parvenus à atteindre les quarts de finale de cette CAN au Maroc, après donc trois nuls en poule (1-1 contre la Zambie, 1-1 face au Maroc, 0-0 contre les Comores) et une revanche prise sur la Tunisie en huitièmes (1-1, 3-2 tab).
Le Mali a activé le mode "méchant du film"
Plombés sur cette dernière rencontre par l’exclusion précoce de Woyo Coulibaly, puis au bord du précipice au moment de l’ouverture du score à la 88e, ses hommes n’ont jamais abdiqué, arrachant la prolongation sur un penalty de Lassine Sinayoko à la dernière minute, avant de s’en sortir in extremis aux tirs au but. "C'est pour ce genre d'émotion qu'on joue au football", savourait au coup de sifflet final l’attaquant auxerrois, symbole de ce Mali terriblement solidaire et accrocheur à défaut d’être emballant. "Ça montre notre état d’esprit : dès qu’on porte ce maillot, on fait tout pour rendre fier notre peuple. Avant, les gens nous critiquaient parce qu’on jouait bien mais on ne gagnait pas, maintenant on ne joue pas bien mais on gagne, et les gens se plaignent encore. On va essayer de bien jouer et de gagner la prochaine fois !", souriait Sinayoko au micro de beIN Sports.
Pour notre consultant RMC Elton Mokolo, "le Mali était auparavant un personnage attachant mais naïf, et on a l’impression qu’il est en train de devenir le méchant du film". "Pour le Sénégal, le quart de finale peut être très difficile", expose-t-il. "Il faut mettre en avant les ressources mentales affichées par cette équipe malienne depuis le début de la CAN. Je crois que ce match face à la Tunisie peut servir de bascule. Les Maliens sont aujourd’hui convaincus qu’ils peuvent aller chercher un résultat, même quand ils sont dans une situation de difficulté maximale. Ils ont un plafond de verre à briser, ils sont prêts !" Sorti en quarts par la Côte d’Ivoire lors de la dernière édition, le Mali n’a plus atteint les demi-finales d’une CAN depuis 2013.
Article de RR - RMC Sport
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