
2026-01-04 11:45:15 - Le Venezuela n’était plus un pays. C’était une prison à ciel ouvert. Un territoire riche méthodiquement pillé, vidé de sa substance humaine, économique et politique par une clique au pouvoir. En quelques années, l’État est devenu une machine à produire l’exil, la peur et la pénurie. Des millions de Vénézuéliens ont fui, non par caprice idéologique, mais pour survivre.
Nicolas Maduro n’a pas seulement mal gouverné : il a détruit. Il a confisqué les élections, piétiné les institutions, écrasé l’opposition, muselé l’information. Il a dirigé un régime communiste autoritaire, corrompu, obsédé par sa survie et prêt à tout pour se maintenir, même à envoyer ses chars contre son peuple. On peut ergoter des heures sur le droit international, dénoncer Donald Trump, empiler les indignations de salon. Ne soyons pas naïfs : l’intervention américaine au Venezuela ne relève ni de la pureté morale ni de l’altruisme. Elle répond à des intérêts stratégiques, sécuritaires et énergétiques assumés.
Reste pourtant un fait brut, impossible à balayer : en se débarrassant de Nicolas Maduro, Donald Trump a rouvert l’horizon de millions de Vénézuéliens. Les États-Unis ont mis hors d’état de nuire un État voyou dirigé par un narco-dictateur. Quand un peuple ne peut plus se libérer seul, l’Histoire emprunte parfois des chemins plus rugueux. Et ce qu’ont dit les Vénézuéliens, hier, tranche tous les débats : « Nous sommes libres désormais. »
Tout le monde rêve d’un monde où le droit international serait pleinement respecté. D’un monde d’États souverains, sans ingérence. Mais ce monde n’existe pas. C’est une vérité inconfortable que notre époque a voulu oublier, en s’imaginant que des chartes, des résolutions et des indignations suffiraient à faire tomber les tyrannies. L’Histoire raconte exactement l’inverse. Les peuples ne sont jamais libérés par le droit.
Aucune grande libération n’a été propre, consensuelle ou juridiquement irréprochable au moment où elle s’est produite. Jamais un empire n’a reculé parce qu’un texte l’y contraignait. Jamais un tyran n’a quitté le pouvoir parce qu’il était déclaré « hors-la-loi ». Jamais un peuple n’a été libéré parce qu’il avait juridiquement raison. Le droit vient toujours après. Il ne précède pas l’Histoire : il entérine ce que le réel a déjà imposé.
Tout le monde rêve d’un monde où le droit international serait pleinement respecté. D’un monde d’États souverains, sans ingérence. Mais ce monde n’existe pas
La France n’a pas été libérée du nazisme par une résolution internationale. Elle l’a été par des débarquements, des bombardements, des sacrifices humains et une guerre totale. L’Union soviétique ne s’est pas effondrée sous le poids de l’ONU, mais sous celui de son propre mensonge, de son échec économique et de la pression exercée par l’Occident. À chaque fois, la même loi s’impose : le droit accompagne l’Histoire, il ne la précède jamais.
Posons donc la question franchement, elle est simple : qu’a fait le droit international pour le peuple vénézuélien depuis 25 ans ? Rien. Un peuple affamé, contraint à l’exil par millions, broyé par un régime criminel. Un pouvoir tyrannique, longtemps préservé au nom de la stabilité, et souvent protégé par le droit international lui-même.
Tout patriote sincère devrait se réjouir de ce qui vient de se produire. Le régime de Maduro a compté parmi les plus nuisibles aux intérêts français. En laissant prospérer le narcotrafic, il a directement exposé nos territoires des Caraïbes et la Guyane à la violence. Cette économie criminelle a fragilisé l’autorité de l’État outre-mer, mis nos forces de sécurité sous tension permanente et installé une insécurité durable. À cela s’est ajoutée une pression migratoire massive. Ce régime constituait donc, très concrètement, une menace pour la souveraineté et la sécurité françaises.
Tout patriote sincère devrait se réjouir de ce qui vient de se produire
Sur le plan international, espérons que nos dirigeants mesurent ce qui est en train de se jouer. Un nouvel ordre mondial émerge sous nos yeux. Le monde des puissances et des empires est de retour. Dans ce contexte, l’Europe – et trop souvent la France – s’est enfermée dans une diplomatie des bons sentiments. Or une vérité s’impose : pour être libre dans ce monde, il faut être craint ; et pour être craint, il faut être puissant. Ces dernières années, nous ne l’avons pas été.
La leçon est pourtant simple. Dans le monde qui vient, ceux qui ne sont pas puissants deviennent des spectateurs. La liberté sans puissance n’est qu’un slogan. La puissance sans liberté devient une oppression. L’enjeu des nations libres est de tenir les deux. C’est au nom de cet équilibre que nous devons soutenir les peuples qui cherchent à sortir de la tyrannie – les Vénézuéliens aujourd’hui, les Iraniens demain, confrontés au joug islamiste des mollahs. La liberté des peuples opprimés ne sera jamais parfaite. Mais elle sera toujours plus légitime que le confort des tyrannies. Vive la liberté !
leJDD
: Afrique Monde

