2026-01-03 12:27:43 - Une polémique peut en cacher une autre. Depuis plusieurs jours, le député de La France insoumise du Val-d’Oise, Carlos Martens Bilongo est sous le feu nourri des critiques après une longue interview donnée à l’émission « La librairie africaine », diffusée sur YouTube. Plusieurs extraits ont été diffusés sur X et les réseaux sociaux alors que l’interview dans son intégralité a, elle, été supprimée de la plateforme. Elle continue pourtant d’agir comme un poison lent.
Fin décembre, l’élu a d’abord été accusé de misogynie à l’égard de Rachida Dati après avoir sous-entendu qu’elle avait profité d’« une promotion canapé ou en couchant avec des hommes » pour faire avancer sa carrière politique. De quoi déclencher un tollé et des excuses de Carlos Martens Bilongo qui a regretté des « propos sexistes ».
Hauts-de-France, racisme, et fracture industrielle
Une première polémique qui a donné de l’écho à d’autres extraits. Cette fois, le député est accusé de mépris social à l’égard des habitants des Hauts-de-France. Alors qu’il déplore le manque de reconnaissance autour du rôle des soldats africains dans l’armée française pendant la Seconde Guerre Mondiale, le député déclare : « Ah oui, parce que, déjà, le raciste est très bête aussi (…). Il y a eu des ouvrages là-dessus, sur les tactiques par rapport au racisme. C’est dans les territoires où les gens n’ont pas de diplômes, là où tu as une pauvreté intellectuelle, dans des territoires fracturés par les fermetures d’usines, dans le nord de la France, etc. eh bien les idées racistes sont en avant ».
Des « insultes » a fustigé Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France : « c’est une stratégie assumée de la France insoumise, qui est celle de tous les extrêmes : diviser, opposer les uns aux autres pour créer le chaos ». Le président du RN, Jordan Bardella, intime Jean-Luc Mélenchon de se « désolidariser » de son député et de ses propos qui « suintent le racisme social ».
« Si les gens ont été blessés, je m’en excuse »
Dans un autre extrait partagé sur les réseaux sociaux, Carlos Martens Bilongo évoque la lutte contre le racisme et déclare notamment : « On va leur montrer qu’on est plus nombreux. Ils ont voulu se foutre de nous, nous on est plus intelligents, on est plus endurants et si on fait plus de gosses qu’eux et bien tant pis pour eux ». De quoi déclencher notamment dans la sphère Bolloré des accusations de « suprémacisme » et de « racisme anti-blanc ».
Carlos Martens Bilongo se défend de tout mépris et de tout racisme, dénonçant une « campagne » à base d’extraits tronqués : « une méthode de l’extrême droite pour déclencher la polémique ».
Sollicité par La Voix du Nord et Libération, il annonce également qu’il va porter plainte contre le compte qui a diffusé les extraits et les médias qui les ont relayés. Il assure notamment que lorsqu’il dit « eux » dans le second extrait, il parle des « racistes » et de « l’extrême droite ». « Ils disent que je parle des Français ou des blancs, ce n’est pas mon propos. C’est n’importe quoi », s’agace-t-il auprès de Libération.
Pas de mépris pour le Nord qu’il « adore » jure-t-il également auprès de la presse locale. « Si les gens ont été blessés, je m’en excuse ». « Je suis convaincu que là où les usines ferment, il y a une montée du vote rupturiste », défend-il encore dans La Voix du Nord.
Article de Lucie Oriol - Le Huffington Post
: Afrique Monde

