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Une nourrice algérienne sous OQTF accusée d'avoir intoxiqué une famille juive avec des produits ménagers

2025-12-08 21:11:53 - Une affaire sordide. Une Algérienne sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis février 2024 doit comparaître ce mardi devant le tribunal correctionnel de Nanterre, rapporte Le Parisien. L’employée est accusée d’avoir versé des produits ménagers toxiques dans la nourriture et les boissons de la famille. En toile de fond de cette affaire se dessinent des préjugés et propos antisémites. 

« Parce qu’ils ont de l’argent et le pouvoir, j’aurais jamais dû travailler pour une Juive, elle n’a fait que m’apporter des problèmes »
 
Les faits remontent à janvier 2024, deux mois après son embauche comme garde d’enfants à domicile par le couple. Pour se faire recruter, la nourrice algérienne avait présenté à ses employeurs une copie de carte nationale d’identité belge, falsifiée, qui lui vaut également des poursuites. Le 30 janvier, son employeuse s’est rendue au commissariat après avoir bu du vin au goût de produit ménager quelques jours plus tôt. Son démaquillant, lui, avait brûlé ses yeux de manière inhabituelle. Elle avait également constaté de la mousse sur une bouteille de jus de raisin et une odeur de javel dans le vin.
 
La nourrice prise en flagrant délit
 
Quelques jours plus tard, la fille du couple a assuré avoir vu la nourrice transvaser un produit savonneux dans une bouteille d’alcool étiquetée « Jérusalem ». Les expertises toxicologiques ont été formelles : vin, whisky, alcool de figue, jus de raisin et même les pâtes contiennent des traces massives de polyéthylène glycol et d’autres agents chimiques. Selon l’Ordonnance de renvoi du tribunal correctionnel, ces substances sont « nocives, voire corrosives, pouvant provoquer de graves blessures du tube digestif ».
 
Placée en garde à vue le 5 février, Leïla Y. a d’abord nié les faits. Mais lors de la perquisition de son domicile, elle a lâché aux policiers : « Parce qu’ils ont de l’argent et le pouvoir, j’aurais jamais dû travailler pour une Juive, elle n’a fait que m’apporter des problèmes. » Cette phrase, consignée dans le procès-verbal, constitue, pour le juge d’instruction, le fondement de la qualification aggravante. En garde à vue, la mise en cause a reconnu avoir versé une « lotion à base savonneuse » dans les denrées alimentaires, évoquant une « punition » et un « avertissement » après des tensions salariales avec ses employeurs.
 
L’exploitation du téléphone de la nourrice révèle qu’en décembre 2023, elle avait effectué des recherches Google sur l’identité des victimes, ainsi que sur « les Juives berbères » et les « pratiques religieuses du judaïsme ». L’Ordonnance de renvoi du tribunal correctionnel relève également que son compte Facebook contient « plusieurs publications en lien avec le conflit israélo-palestinien ». Par ailleurs, au cours de leurs auditions, les enfants racontent que la nourrice leur posait « régulièrement des questions sur la religion » et que la cadette l’avait vue « frapper à de nombreuses reprises sur des mezouzots », ces objets de culte juifs fixés sur la porte d’entrée des maisons.

leJDD - Photo:Nicolas Guyonnet / Hans Lucas 

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