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Le Cameroun Prend en charge ses Pauvres : Les Lions de 1990 enfin casés dans les logements sociaux

2020-09-17 21:28:54 - L’actualité brulante au Cameroun dans les milieux journalistiques ne tourne pas autour de la mort du capitaine emblématique des lions indomptables de la coupe du Monde 1990. En fait ce qui fait l’actualité c’est encore une escroquerie qui consiste à faire dire que le fantôme de Paul Biya a décidé d’offrir des logements aux 22 joueurs qui ont hissé très haut le vert-rouge-jaune du drapeau Camerounais lors de la Coupe du monde de football 1990.

Oui ! C’est une escroquerie parce que ce n’est pas Fantômas qui offre les logements mais c’est plutôt les Camerounais. Et cela, par une intégration dans un large programme de lutte contre la pauvreté puisque les 22 logements en question sont des logements sociaux.

Pour rappel, un logement social est un logement destiné à des personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé. C’est donc un pilier des politiques d’économie sociale pour soulager les plus pauvres dans nos sociétés modernes capitalistes. Autrement dit les Camerounais, qui ont assisté à la mort successive de Louis Paul Mfédé, Benjamin Massing et Tataw Stephen dans des conditions inacceptables, viennent par cet attribution des logements sociaux de faire admettre au rang des Camerounais les plus pauvres les anciens joueurs tel que Milla, Bell, Kana Biyik, Onana, Ebwelle, Kunde, Omam Biyik, Mbouh Mbouh, Ekeke, Yombi, Pagal, Libiih, Nkono, Ndip Akem, Djonkep, Feutmba, Makanaky, Maboang Kessack, Songo’o. Eh Oui !, Il faut dire que la pauvreté a atteint toutes les strates de la société Camerounaise.

Donc, il ne s’agit plus simplement de la matérialisation d’une promesse vieille de 30 ans mais plutôt d’une petite victoire de l’état du Cameroun dans sa lutte contre la pauvreté.

Et c’est très apprécié à en juger la joie et la satisfaction de ces heureux récipiendaires, qui ont laissé le corps de leur capitaine, froid à la morgue, pour aller fêter la réception de ces petits nids d’oiseaux qui va soulager leur misère et surtout sanctionner la reconnaissance de leur pauvreté par la nation toute entière. Et pourtant, sous d’autre cieux, les anciens footballeurs mènent une vie respectable, peut-être pas une vie de pacha, mais au moins ils vivent dignement dans la joie de partager leur passion avec leurs enfants et leurs petits enfants.

Il faut maintenant espérer que cet acte s’étende à tous les pauvres du Cameroun et notamment les anciennes gloires du football Camerounais. On se souvient toujours du crève-cœur qu’a provoqué l’apparition d’un certain Owona Norbert. Je dis bien qu’il faut espérer car beaucoup de Camerounais ne sont pas totalement convaincu par l’acte que veut promouvoir le régime de Yaoundé en offrant des logements sociaux aux anciens Lions Indomptables 1990. Le scepticisme va très loin avec la coagulation des interprétations, des questions et des conclusions qui fusent partout :

Le régime de Yaoundé matérialiserait toujours ses promesses, il faut juste comprendre la vitesse de l’escargot. La CAN 2019 pourra avoir lieu en 2049 si les Camerounais savent être patient. Il en va de même de la décentralisation et de la démocratie, etc…

« Si Stephen Tataw n’était pas mort, nous n’aurons pas reçu les appartements »,

parole d’un ancien lion.

Le régime voulait juste voler la vedette au capitaine des lions indomptables, un anglophone qui, par son exemplarité, contredit tout ce que le régime pense des Anglophones.

Est-ce que les lions vont effectives recevoir ces appartements ?

Les thuriféraires du régime ont juste trouvé une occasion pour détourner quelques lignes de budget. En effet, le simple coût d’équipement de ces appartements risque de couter 10 fois le prix de ces appartements complets.

En conclusion, si cet acte se matérialise effectivement, on en tirera au moins deux heureux aspects :

Louis Paul Mfédé, Benjamin Massing et Tataw Stephen, qui ont tiré leur révérence, gardent dans tous les cas leur honneur sauve.

Je connaissais bien Stephen Tataw, et je peux vous dire « qu’il aurait accepté même une case en paille ou même un simple terrain mais il n’aurait jamais accepté un logement social ». C’était un homme d’honneur. C’est peut-être pour cette raison que l’ordre d’attribuer les logements est intervenu quelques minutes après l’annonce de sa mort.

L’autre aspect le plus heureux de cette prise en charge de nos pauvres est que ces anciens lions vont certainement retrouver leur popularité car plusieurs Camerounais vont désormais se vanter d’avoir pour voisin de palier un certain Joseph Antoine Bell, Roger Milla, Njonkep, Thomas Mkono, etc… Comme quoi, il est toujours avantageux de prendre en charge les plus pauvres d’entre nous.

Douala Ngando

 

 

: Afrique Monde