Nombre total de visites : 4285377
Aujourd'hui : 121
En ligne actuellement : 2

Cameroun : Privatisation de Camair-Co . Un vibrant Hommage au Créateur de la Feymania

2020-08-04 21:01:20 - Le décret portant création de la Camair-Co en 2006, était déjà, dès son origine, une véritable escroquerie car pourquoi laisser mourir une vraie compagnie aérienne (la Camair) pour créer un objet volant non identifiable (la Camair-Co) qui n’a servi en tout et pour tout que de base de détournements de toutes sortes. La principale escroquerie consistait à masquer la disparition de toutes les grandes entreprises camerounaises sous le Renouveau en mettant en avant une coquille vide, une vitrine virtuelle appelée Camair-Co, dont le régime avait déjà planifiée la privatisation selon le principe de la Feymania.

Pour rappel, la Feymania est une innovation exclusive du Renouveau, développée dans les années 90, pour orienter la jeunesse désœuvrée du Cameroun qui ne trouvait aucun moyen de se réaliser. La feymania est l’art de l’escroquerie et de la tromperie. Le feyman réussit par son habileté à inspirer une confiance aveugle auprès de ses victimes et à les convaincre qu’il leur offre de bonnes opportunités de gagner plus d’argent, alors qu’ils vont en perdre.
 
La privatisation de la Camair-Co aujourd’hui équivaudrait à vendre un panier en rotin à une personne qui cherche une calebasse pour contenir de l’eau fraiche. Rien que l’idée de privatiser la Camair-Co, est un vibrant hommage au père de la Feymania, et surtout en ce moment même où le temps est aux adieux. Pour rappel, la Camair-Co est un gouffre financier au bord du… gouffre depuis longtemps. Le choc du Covid-19 n’a fait qu’accélérer la chute libre de cet épervier en perdition.
 
En tout cas, la campagne de l’escroquerie est lancée. Air France, le parrain, n’en veut pas. Les occidentaux, experts en détection d’escroquerie, se sont tous éloignés de ce leurre d’un mauvais goût. Idriss Deby du Tchad, qui ne s’y connait pas beaucoup dans le domaine, lorgnerait de loin l’appât mais aurait quelques réticences. Alors, Charles Ndongo, en « bon parleur » ou «  tchateur » de la CRTV, est passé à la vitesse supérieure pour attirer les « mougous » ou des pigeons qui vont se faire plumer. Alors, on parle de la Camair-Co comme étant « l’étoile filante et montante du Cameroun » alors qu’elle est sans avions, la « Grande fierté Nationale du Cameroun », pour faire rire les Camerounais et le « Fleuron de « l’Industrie » du Cameroun » pour faire allusion aux escabeaux en bois que la compagnie utilise à la place des passerelles métalliques.
 
En attendant que le futur pigeon de la Camair-Co se pointe, les Camerounais, qui avaient déjà clos ce chapitre avec la mort de la CAMAIR, préfèrent égrainer d’autres formes de distraction, toujours dans l’esprit de la Feymania, pour rendre un hommage au grand maitre:
 
« Ou sont passés les millions de l’”opération coup de cœur”  ? »
« Ou sont passés les 3000 milliards de la CAN ? »
« Ou sont passés les 36 PV du Holdup électoral ?»
« White RiceMatters ! »
« Bring back ourRice !»
Etc…
 
Les détracteurs du régime préfèrent voir en cette privatisation un symbole de la reconnaissance de l’échec total du renouveau, minimisant au passage les objectifs de la Feymania. Quoi qu’il en soit, vivant, mort ou mort-vivant, le créateur de Fame Ndongo doit certainement apprécier ce geste plein d’élégance car il n’y a pas mieux pour rendre un vibrant hommage à un maître dans son art.
 
Douala Ngando

: Afrique Monde